Marché de brutes - Image une Test BR Rimini

Marché de brutes (1948) de Anthony Mann en Blu-ray chez Rimini

Marché de brutes d’Anthony Mann est un film noir policier de série B d’une veine toute différente de La Brigade du suicide (T-Men) réalisé par ce même Anthony Mann mais dont le succès rendit possible son financement. Mann s’y révèle davantage lyrique même s’il remplit sans problème le cahier générique des charges relatif à la violence.


  • Marché de brutes (1948) de Anthony Mann - Édition Combo Blu-ray + DVD
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    Marché de brutes - Édition Combo Blu-ray + DVD
  • Année :
  • 1948
  • Réalisateur :
  • Anthony Mann
  • Éditeur :
  • Rimini Editions
  • Sortie le :
  • 15 juin 2021 (France)
  • Liens :

  • Le titre français d’exploitation d’époque est une intelligente adaptation du titre original américain. La situation du héros interprété par Dennis O’Keefe apparaît rétrospectivement proche de celles des personnages autrefois joués, dix ans plus tôt, par Jean Gabin dans les classiques du réalisme poétique français d’avant-guerre Pépé le moko (1937) de Julien Duvivier puis Quai des brumes (1938) de Marcel Carné. Comme dans les scénarios écrits en 1937 par Henri Jeanson et en 1938 par Jacques Prévert (adapté d’un roman de Pierre Mac Orlan) le destin fait échouer au dernier moment l’évasion d’un aventurier vers l’ailleurs mythique dont la femme qui l’aime et lui s’étaient pris à rêver. Ce schéma est encore, la même année, celui du si remarquable Le Balafré (Hollow Triumph – 1948) de Steve Sekely. Sauf que dans Marché de brutes un curieux décalage renouvelle la donne puisque la femme qu’aime véritablement le héros n’est pas celle qu’il se préparait à emmener par conscience morale. Outre le dédoublement de la femme fatale qui permet à Marché de brutes d’exister, d’autres accumulations la renouvellent aussi parfois très curieusement : dans une planque fait irruption un second criminel (joué par Whit Bissel) inattendu, non pas criminel professionnel mais passionnel ; cette séquence demeure étrange en raison de sa gratuité presque surréaliste. Le scénario de Marché de brutes est, on le voit, peut-être trop bien écrit car on sent que le producteur comme les quatre scénaristes crédités ont voulu prouver l’ampleur de leur capacité technique. Le résultat est certes original mais la sincérité de l’entreprise nous semble plus fragilisée que valorisée par ces efforts au final assez artificiels.

    Marché de brutes - Affiche belgeAffiche belge

    L’aspect positif, c’est que l’économie de moyens pousse une fois encore Anthony Mann et son directeur de la photo John Alton vers la stylisation et les recherches esthétiques les plus raffinées. Les gros plans en clairs-obscurs dans le parloir de la prison sont dignes de ceux de cinéastes tels que Frank Borzage ou Clarence Brown ; les contrastes parfois expressionnistes valent ceux d’un Fritz Lang ; les extérieurs-nuits naturels sont beaux et les intérieurs nuits non moins magnifiques. La voix-off subjective et féminine dans Marché de brutes est l’exacte antithèse dramaturgique de celle du commentateur objectif dans La Brigade du suicide. Le procédé était alors à la mode : Pendez-moi haut et court / La Griffe du passé (Build My Gallows High / Out of the Past – 1947) de Jacques Tourneur (avec commentaire off subjectif) et La Cité sans voile (Naked City – 1948) de Jules Dassin (avec commentaire off objectif) en faisaient en effet usage.  Marché de brutes est moins homogène que La Brigade du suicide mais il se révèle intéressant en raison de cette ambition thématique et esthétique. Sa nervosité et la précision du montage, sa capacité de brosser un personnage en quelques plans (Raymond Burr compose un chef de gang inattendu et impressionnant) mélangent d’une manière à la fois romantique, pessimiste et lyrique, les divers courants constitutifs du film noir : réalisme social, intrigue policière, peinture psychologique et physique de la violence. Notons à ce sujet que la brûlure de la maîtresse du chef de gang annonce, par son atroce brutalité, celle que subira la belle Gloria Grahame dans l’admirable Règlement de compte (The Big Heat – 1953) de Fritz Lang.

    Marché de brutesDennis O’Keefe / Marsha Hunt / Claire Trevor

    Mann reviendra ensuite au réalisme du documentaire policier en collaborant étroitement à Il marchait la nuit (1948) d’Alfred Werker. Veine qu’il confirmera en signant ses deux ultimes films noirs policiers Incident de frontière (Border Incident – 1949) et La Rue de la mort (Side Street – 1950). À toutes fins utiles, on précisera que le travail du directeur de la photographie John Alton est aujourd’hui reconnu comme si important qu’il justifie depuis 2018 l’édition aux USA par ClassicFlix d’un coffret John Alton Films noirs Collection 1947-1948 comprenant La Brigade du suicide + Marché de brutes + Il marchait la nuit, éclipsant ainsi de facto un peu leurs réalisateurs. Le cas n’est pas unique dans l’histoire du cinéma (Mario Bava directeur de la photo considéré par certains critiques comme le véritable réalisateur de titres signés entre 1955 et 1960 par Riccardo Freda et Pietro Francisci alors que la réalité historique est un peu plus complexe) mais il l’est davantage dans l’histoire de la vidéo, y compris numérique : raison pour laquelle il mérite d’être ici signalé.

    Marché de brutes - Anthony Mann

    Côté bonus, on a droit à une présentation du film par Jacques Demanges. Ce critique de la revue Positif émet quelques bonnes remarques sur la structure tragique du scénario, l’originalité de sa narration subjective féminine, la conception plastique de la réalisation selon Mann, la direction photo de Alton, la position de Mann en tant que réalisateur employé par Hollywood. Le débit oral est cependant trop rapide, rendant l’ensemble assez pénible à écouter. Quelques belles affiches (couleurs) et photos (N&B de plateau et de tournage) illustrent cette présentation.

    Addendum par Sandy Gillet : Je ne suis pour ma part pas du tout convaincu par l’intervention de Jacques Demange. En ce sens que si sa jeunesse est un gage de transmission de la cinéphilie à l’attention de la nouvelle génération (ce qui est vraiment top), il ne fait que reprendre ce que ses aînés exprimaient déjà. Je pense à Jean Douchet, à Noel Simsolo à François Guérif et à bien d’autres. De illustres aînés qui avaient su apporter un regard neuf pour ne pas dire de pionniers sur ces films. Demange ne fait que prolonger le message. Je trouve ça paresseux. Alors encore une fois son intervention intéressera certainement la jeunesse et pourra provoquer des envies de découvrir d’autre films noirs ou d’autres films signés Anthony Mann. Et l’on me dira que c’est bien là l’essentiel. Mais en fait même cela j’en doute tant son discours est finalement assez replié sur lui-même. Sur une forme de chapelle cinéphile qu’il croit bon entretenir ou magnifier. Même sa conclusion de fin qui affirme que le Nouvel Hollywood a puisé une de ses sources chez Anthony Mann, Tavernier le disait déjà en 1980. Bref c’est dommage car il me semble que si le cinéma est un art vivant et en sans cesse mutation, en parler doit pouvoir sinon précéder cela ou au moins l’accompagner. Et parler de Marché de brutes ainsi c’est momifier le film et le genre. En faire un film musée en quelque sorte qui aura bien du mal à intéresser les nouvelles générations.

    Marché de brutes - Recto livret présent au sein de l'édition Combo Blu-ray + DVD

    Le livret de 28 pages illustrées N&B et couleurs intitulé La Fureur des hommes est signé Christophe Chavdia. Il couvre à la fois La Brigade du suicide (examiné et illustré pages 12 à 20) prévu chez Rimini le 24 août 2021 et Marché de brutes (examiné et illustré pages 20 à 25). Il embraye sur les biographies succinctes du cinéaste Anthony Mann et de son directeur de la photo John Alton, examine ensuite la situation esthétique et thématique des deux titres dans la filmographie générale et dans la filmographie policière de Mann, puis se penche individuellement sur chacun d’eux. Les examens sont brefs mais très précis : bon travail. L’ensemble est, en outre, nourri de citations d’ouvrages et d’articles (américains et français) soigneusement référencés dans une bibliographie sélective et des notes : gage de sérieux qu’il faut encourager. Une seule coquille relevée mérite d’être corrigée : le nom de l’important producteur Louis de Rochemont est orthographié « Richemont » à plusieurs lignes de la page 13. Pourquoi avoir intitulé ce livret La Fureur des hommes ? Pour le cinéphile francophone, ce titre français d’exploitation désigne d’abord l’excellent western La Fureur des hommes (From Hell to Texas – 1958) de Henry Hathaway. Si un jour on demandait à Christophe Chavdia d’écrire un livret sur le film de Hathaway, l’intitulerait-il Marché de brutes ? Un seul regret : l’absence sur cette bonne édition spéciale française Rimini du commentaire audio de l’historien du cinéma Jeremy Arnold qu’on trouve (en VO sans STF) dans l’édition Blu-ray américaine ClassicFlix de 2018 (munie de quelques autres suppléments et d’un livret illustré de 24 pages de Max Alvarez sur les films noirs d’Anthony Mann).

    Ceci étant dit Rimini reprend bien le master restauré 2K déjà utilisé par ClassicFlix. Ci-dessus au passage le petit document présent au sein des bonus de l’éditeur US à propos de la restauration du film. L’avertissement technique qui précède le lancement du film est d’ailleurs repris et sous-titré : 400 heures de travail ont été nécessaires pour nettoyer et restaurer au niveau 2K les sources argentiques. Tout n’est pas parfait (quatre ou cinq plans sont en état moyen ou médiocre, un plan est instable : le restant des 79 minutes du film est impeccable) mais le grain est bien respecté et cette image est, de toute manière, techniquement bien meilleure que celle de l’ancienne édition DVD Wild Side Vidéo sortie en 2004 qui était, en son temps, chargée de poussières, de griffures et de rayures (édition que l’on ne jettera pas à la poubelle pour autant ne serait-ce que pour la présence de bonus estimables comme l’entretien avec Jean-Claude Missiaen ou la reproduction du dossier de presse d’époque).

    Comparatif images ClassicFlix Vs Rimini (captures bien entendu cliquables)

    Côté son c’est le même topo avec cette VO encodée en DTS-HD Master Audio 2.0 Mono. Pas de VF d’époque : c’était déjà le cas sur l’ancienne édition française DVD Wild Side Vidéo. Question : la VF a-t-elle existé ? Pas certain car après-guerre, pas mal de titres américains sortirent directement en VOSTF chez nous. À noter la belle musique composée par Paul Sawtell. L’équilibre dialogues-musique-effets sonores sont satisfaisants. Seul petit bémol : entre 28min10s et 29min10s, on peut constater une belle désynchro des sous-titres (plus d’1s à la louche entre le dialogue entendu et l’apparition du sous-titre français adéquate).

    Marché de brutes - Scéno Combo BR + DVD

    Marché de brutes (Raw Deal – 1948) – Édition Combo Blu-ray + DVD

    Réalisateur : Anthony Mann
    Éditeur : Rimini Editions
    Sortie le : 15 juin 2021
    Au cinéma : le 16 octobre 1949

    USA, Californie, 1948. Le gangster Joe Sullivan s’évade de la prison de Saint Quentin. Rick, le chef du gang, a organisé l’évasion mais espère qu’elle échouera, ce qui lui éviterait de rembourser à Joe les 50.000 US$ qu’il lui doit. L’évasion de Joe réussit néanmoins grâce à l’aide de sa maîtresse Pat et de l’avocate Ann, toutes deux amoureuses de lui. Craignant que l’enquête de police ne remonte jusqu’à lui, Rick ordonne à ses lieutenants de retrouver Joe et de le tuer. Joe est dorénavant un fugitif pris entre deux feux (la police et Rick) et entre deux femmes.

    Spécifications techniques Blu-ray  :

    • Image : 1.37:1 encodée en AVC 1080/24p
    • Langue : Anglais en DTS-HD MA 2.0 mono
    • Sous-titres : Français
    • Durée : 1h19min 20s
    • 1 BD-50

    Captures Blu-ray cliquables au format HD natif 1920×1080

    Bonus :

    • Féminin singulier : Interview de Jacques Demange, critique à la revue Positif (14min 49s – HD – 2021)
    • Le livret La Fureur des hommes par Christophe Chavdia (28 pages)

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