Nazarin - Image une test Blu-ray

Nazarin (1959) de Luis Buñuel en Blu-ray chez Elephant Films

« Si le Christ revenait, ils le crucifieraient à nouveau. On peut être relativement chrétien mais l’être absolument pur, l’innocent, est condamné à l’échec. (…) Vous avez employé le mot ambigu (à propos de Nazarin). Je suis d’accord. Le style est ambigu et c’est pour cela qu’il m’intéresse. (…) C’est le mystère qui m’intéresse. Le mystère est l’élément essentiel de toute œuvre d’art. Je ne me lasserai pas de le répéter. »
Luis Buñuel, extrait d’un entretien avec Elena Poniatowska, paru in Revista de la Universidad de Mexico, janvier 1961, cité in  Ado Kyrou, Luis Buñuel, éditions Pierre Seghers, collection Cinéma d’aujourd’hui, Paris juin 1962, page 111.

  • Nazarin - Jaquette Combo 3D
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    Nazarin - Édition Combo Blu-ray + DVD
  • Année :
  • 1959
  • Réalisateur :
  • Luis Buñuel
  • Éditeur :
  • Elephant Films
  • Sortie le :
  • 18 mai 2021 (France)
  • Liens :

  • Nazarin (Nazario, 1958) de Luis Buñuel, primé à Cannes en 1959, est sans doute ce qui se rapproche le plus, dans sa filmographie, d’une vie du Christ bien que son thème fût expressément celui de la sainteté comme révolte absolue. On peut en tout cas, sans hésiter, l’intégrer à une filmographie mondiale du Christ et, plus généralement, du christianisme.
    Nazarin est aussi l’un des sommets de la période mexicaine de Buñuel que nous considérons comme supérieure ― au moins à partir de Los Olvidados (1950) jusqu’à L’Ange exterminateur (El ángel exterminador – 1962) ― à sa période espagnole muette initiale qui le rendit célèbre, supérieure aussi à sa période finale espagnole puis française. La rencontre de Buñuel et du Mexique lui a permis, on s’en rend compte avec une évidence de plus en plus claire à mesure que le temps décante son œuvre, de réaliser ses films les plus authentiquement surréalistes et fantastiques, ses plus beaux d’un pur point de vue plastique. C’est durant cette période que son dialogue philosophique et esthétique avec la théologie y reçoit ses illustrations les plus impressionnantes, surpassant celles des périodes espagnoles et de la néanmoins si remarquable période française finale écrite en collaboration avec Jean-Claude Carrière. Dans cette imitation inquiète et surréaliste du Christ, le néo-réalisme est servi par les décors et le soin apporté à la reconstitution historique tout autant qu’il est bafoué et subverti dans ses attendus comme dans ses effets. La psychologie du mysticisme y est illustrée, parfois proche de la psychopathologie lors des crises d’hystérie de Beatriz (Marga López). La sociologie mexicaine du sacré qui accompagne le miracle de la guérison de l’enfant malade est dotée d’un dépouillement à la rigueur documentaire qui en augmente encore le surréalisme foncier.

    Nazarin - AfficheAffiche Nazarin pour la sortie française de 1960

    Le pur surréalisme ― naturellement récurrent car Buñuel appartenait à cette école esthétique dans sa jeunesse ― se manifeste par de savoureux détails : les riches bourgeois et les pauvres voleurs entrant de la même manière par la fenêtre du premier logement de Nazarin, au lieu d’entrer par sa porte ; Nazarin échappant un instant aux affres nocturnes et spirituelles des deux femmes qui l’accompagnent, en caressant un modeste escargot, créature innocente semblant émanée des Fioretti de saint François d’Assise. Le critique surréaliste Ado Kyrou renonçait, dans son étude sur Buñuel parue en 1962, à analyser Nazarin sous prétexte que Buñuel tournera en Espagne, deux ans plus tard, Viridiana dans lequel il afficherait son athéisme. Rien n’est pourtant moins sûr car Viridiana ne pose nullement Les Problèmes de l’athéisme comme les posera dans l’histoire de la philosophie un Claude Tresmontant (*) : c’est, bien au contraire, à nouveau un pur film surréaliste et fantastique. Du reste, les deux œuvres sont adaptées du même écrivain, Benito Perez Galdos que Buñuel adaptera une troisième fois dans Tristana en 1969.

    Bien sûr, il y a assurément, comme l’avait écrit Octavio Paz, une parenté possible d’inspiration par le Don Quichotte de Cervantes chez Nazarin mais l’enjeu du scénario consiste justement à mesurer et à rendre sensible au spectateur la distance qui sépare le personnage littéraire Don Quichotte de cette nouvelle imitation de Jésus-Christ, telle qu’elle est décrite dans le roman, ici adapté, de Benito Perez Galdos. Cette distance est ― et ne cesse jamais d’être ― le problème de Buñuel, contrairement à ce que croyait naïvement le critique communiste Georges Sadoul, un de ses plus fidèles et sincères admirateurs. On connaît l’amour de Buñuel pour les armes à feu : c’était une de ses passions. Amour tout métaphorique car son problème, en tant que cinéaste inspiré, est bien simultanément celui de l’ajustement de l’effet optique comme dramaturgique : la manière dont l’acteur principal Francisco Rabal est ici dirigé en est la preuve. Selon que telle ou telle expression de son visage ― en réponse à telle ou telle section du dialogue, tel ou tel segment de l’action ― est retenue par Buñuel au montage, le film vit d’une manière constamment inattendue et imprévisible.

    Affiche Nazarin 2020Affiche Nazarin pour la ressortie française de 2020

    La mise en scène est d’ailleurs d’une telle rigueur et d’une telle fluidité que nous nous souvenons de la difficulté qui avait été la nôtre, en 2007, au moment d’en sélectionner et d’en isoler des captures vidéo afin d’illustrer notre première critique parue. C’est un signe qui ne trompe jamais : le plan n’a guère de signification isolée dans un film de ce genre et mêmes les photos d’exploitation ne pouvaient qu’en rendre un compte bien approximatif. Tel n’est pas, en revanche, le cas de la direction de la photographie de Gabriel Figueroa (l’un des grands directeurs photo du cinéma mexicain classique) qui multiplie les scènes nocturnes d’une beauté souvent un peu fantastique ; les extérieurs naturels sont inondés, pour leur part, d’une lumière blanche, oppressante ou reposante selon les séquences. On le voit : Ado Kyrou n’avait pas saisi ― faute de culture théologique et philosophique d’une part et, sans doute aussi, en raison de son aveuglement militant : ces deux facteurs se renforcent en général l’un l’autre ― cette positivité essentielle du lien établi esthétiquement par Buñuel entre surréalisme et christianisme. Buñuel lui-même s’en trouvait, il est vrai, parfois embarrassé, ainsi qu’en témoignent certaines de ses réponses aux questions posées par les critiques, mais cela ne change rien au fond de l’affaire.

    (*) Cf. Claude Tresmontant, Les Problèmes de l’athéisme (éditions du Seuil, Paris 1972) pour une histoire critique de la position du problème dans l’histoire de la philosophie et dans l’histoire des religions.

    Nazarin - Capture menu Blu-ray

    Copie argentique présentée par la Cineteca Nacional Mexico qui a procédé à un scan 3k et une restauration numérique 3K à partir des éléments négatifs originaux (conservés par Televisa). Il s’agit de la copie présentée à Cannes Classics en 2019. On redécouvre ainsi Nazarin qui n’existait en France jusqu’ici qu’en DVD chez Sidonis où de nombreux plans étaient brûlés, rayés, tachés et sales. Jusqu’à la rayure verticale zébrant les derniers plans du film qui a totalement disparue ici. Sans parler de la qualité de l’émulsion argentique qui variait sans cesse sur l’ancien DVD. Tout cela est dorénavant parfaitement réparé et l’étalonnage est à présent parfait. Le transfert numérique est enfin à la hauteur du film. Il aura fallu du temps pour obtenir une vidéo correcte de ce titre. Cette édition devient désormais la référence.

    Unique piste son en VO DTS-HD Master Audio 2.0 Mono : pas de VF d’époque (comme sur l’ancien DVD Sidonis qui n’en comportait pas non plus). Il est probable que ce film ne fut exploité que dans un circuit français de cinémas « Art et Essais » donc uniquement en VOSTF. La piste son a été restaurée à partir d’une copie positive.

    Nazarin - Capture Bonus

    La présentation du film par Charles Tesson comporte quelques remarques utiles sur les adaptations cinématographiques de l’écrivain Benito Perez Galdos par Buñuel et elle commente assez bien, tout en visionnant des extraits du film qu’on vient de voir, la thématique théologique du scénario et l’esthétique fluide de sa mise en scène. Une terminologie pas novatrice puisque nous l’abordions nous-même dans un précédent texte datant de 2007 mais dont nous apprécions qu’elle soit définitivement actée. Quelques paraphrases un peu inutiles et quelques répétitions, cependant, alourdissent une élocution trop rapide, assez pénible à écouter.

    Sur les traces de Nazarin d’un pays à l’autre de Javier Espada est un excellent documentaire dont les droits en France sont détenus par la société Splendor Films, compare les lieux du tournage de 1958 avec des photos de repérages prises par Buñuel et avec les lieux contemporains transformés en 2015. Comparaisons éclairées par des témoignages d’actrices et d’acteurs mexicains, des commentaires de critiques et d’historiens du cinéma, de cinéastes espagnols et mexicains (Carlos Saura, Arturo Ripstein), de photographes, sans oublier le scénariste français Jean-Claude Carrière qui travailla avec Buñuel durant sa période finale française. Nombreux documents N&B (photos de repérages, de tournage, de plateau). Quelques redondances occasionnelles mais on apprend beaucoup de choses et certains fragments du scénario sont filmés tandis que des enregistrements sonores de Buñuel sont convoqués : long mais souvent passionnant pour le cinéphile. L’acteur Francisco Rabal est curieusement nommé « Paco » Rabal par plusieurs témoins : en France, cette dénomination peut prêter à confusion et nous la signalons afin de l’éviter. À noter que son nouveau documentaire continue son exploration de la carrière du cinéaste. Intitulé Buñuel, un cineasta surrealista, il a été présenté à Cannes Classics au festival de Cannes 2021.

    Nazarin (1959) – Édition Combo Blu-ray + DVD

    Réalisateur : Luis Buñuel
    Éditeur : Elephant Films
    Sortie le : 18 mai 2021
    Au cinéma : le 30 novembre 1960

    Mexique, vers 1900 pendant la dictature de Porfirio Diaz : le prêtre Nazarin, méprisant les conventions sociales et voulant sauver des pauvres et des criminels, imite progressivement la sainteté du Christ. Lorsqu’il finit par en prendre pleinement conscience, son chemin de croix est déjà largement engagé.

    Nazarin - Jaquette Combo

    Spécifications techniques Blu-ray  :

    • Image : 1.37.1 encodée en AVC 1080/24p
    • Langue : Espagnol en DTS-HD MA 2.0 mono
    • Sous-titres : Français
    • Durée : 1h34min 45s
    • 1 BD-50

    Captures Blu-ray cliquables au format HD natif 1920×1080

    Bonus :

    • Le film par Charles Tesson (27min 12s – HD – 2021)
    • À la poursuite de Nazarin – L’Écho d’un pays dans l’autre (1h15min 24s – HD – 2015)

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