La Rue chaude - Image une Test Blu-ray

La Rue chaude en Édition Mediabook Collector chez Wild Side

Si après avoir visionné le générique de La Rue chaude, certains ne comprennent toujours pas les origines du chat qui sert de logo depuis sa création en 2002 à l’éditeur Wild Side Video, c’est qu’il faudra se rendre à l’évidence et réorienter ses priorités de vie en commençant par envoyer à la rédac vos collections de DVD et Blu-ray de l’éditeur où nous en ferons assurément un meilleur usage. Il est vrai ceci dit que Walk on the Wild Side (non, toujours pas ?) a mis du temps à intégrer la prestigieuse collection mediabook de l’éditeur, sinon le marché français de la vidéo puisque voici un film signé Edward Dmytryk qui restait totalement inédit chez nous. Impossible en effet de retrouver la moindre trace d’une quelconque VHS ou d’un LD. Et ne parlons pas d’une précédente édition DVD quand du côté de la VOD c’est tout autant le désert au moment où nous écrivons ces lignes. En télé, TCM s’emploie depuis octobre à le diffuser et on ne peut que présumer que Brion l’ait un jour programmé au Cinéma de Minuit ou qu’il soit passé à feu La Dernière séance d’Eddy Mitchell.


  • La Rue chaude (1962) de Edward Dmytryk - Packshot Blu-ray
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    La Rue chaude (Walk on the Wild Side) - Édition MediaBook Collector Blu-ray + DVD + Livret
  • Année :
  • 1962
  • Réalisateur :
  • Edward Dmytryk
  • Éditeur :
  • Wild Side Vidéo
  • Sortie le :
  • 17 novembre 2021 (France)
  • Liens :

  • Voilà pour le « background » français d’un film que les cinéphiles les plus endurcis auront ceci dit peut-être (re)découvert dès 2003 lorsque Sony US l’avait édité en DVD avec des sous-titres français (repris à l’identique en 2013 pour son édition « Sony Choice Collection ») mais sans bonus et surtout paré d’une image même pas digne du support. Un tel traitement peut s’expliquer par le film lui-même dont on lui refuse toujours l’appellation de classique alors que dans le même temps le générique de Saul Bass est considéré comme le plus réussi de son auteur (allez y jeter un oeil tout en bas de cette chronique), que la musique d’Elmer Bernstein n’a rien à envier à ses meilleures partitions et que la photo signée du grand Joseph MacDonald donne à La Rue chaude cette tessiture organique et poisseuse que l’on retrouvait au hasard dans Derrière le miroir (Bigger Than Life – 1956) de Nicholas Ray ou Le Port de la drogue (Pickup on South Street – 1953) de Samuel Fuller où il était déjà crédité à l’image. Sans oublier que voilà un film qui décrocha le jackpot lors de sa sortie en 1962 en devenant l’un des plus gros succès commerciaux pour la Columbia.

    La Rue chaude - Affiche

    D’autant qu’à l’écoute de la passionnante intervention de François Guérif calée en bonus de cette édition, l’incompréhension ne retombe pas. C’est que tous les problèmes de production rencontrés avant, pendant et après le tournage qu’il nous détaille avec précision et passion auraient dû en effet instantanément propulser La Rue chaude a minima au rang de film malade sinon, avec le temps, d’œuvre culte. Et bien même pas. Alors quoi ? Le mieux quand même c’est déjà d’y (re)jeter un œil afin d’en apprécier ou d’en découvrir les éventuelles ramifications et autres échos thématiques à l’aune de notre époque. Mais une fois que nous avons dit cela, il faut bien l’avouer, La Rue chaude n’est ni un film malade, ni un film épique et encore moins un film sulfureux à l’image du roman qu’il est censé transposer à l’écran. Alors que dans le même temps, fascination il y a bien pour celui qui le découvrirait aujourd’hui. Et jamais autant la spécificité du DVD ou du Blu-ray, quand ils sont pensés comme ici tels de véritables outils de compréhension et d’accompagnement d’une œuvre, nous a semblé coller à cet ADN de film sur la corde raide d’une reconnaissance jamais acquise.

    La Rue chaude - Capture bonus Blu-ray

    François Guérif

    Et même ceux qui reverraient La Rue chaude une énième fois se demanderont comment Edward Dmytryk a pu réaliser un film qui somme toute tient la route alors que Guérif nous dit qu’il a très vite lâché l’affaire au cours d’un tournage cauchemardesque se contentant de suivre le plan de travail prévu tout en laissant les actrices et acteurs vaquer à leur jeu respectif. On se dit aussi que si on avait bien ressenti que cela ne collait pas des masses entre Laurence Harvey, un anglais d’origine lituanienne censé incarner un texan pur jus, et Capucine, actrice française qui joue ici une prostituée de luxe dans un bordel de la Nouvelle Orléans, c’est peu de dire que dans la coulisse cela clachait à tout va. Entre l’un qui trouvait qu’elle jouait comme une patate et l’autre qui affirmait qu’il avait une haleine de chacal, on n’ose même pas imaginer comment cela devait être tendu sur le plateau quand les deux comédiens se retrouvaient face à face pour jouer un couple éperdument amoureux. Une Capucine qui joue au demeurant habillée en Pierre Cardin (à la demande de son mari producteur) alors que le film est censé se dérouler dans les années 30 à une époque où le célèbre styliste était à peine né.

    La Rue chaude - Livret Philippe Garnier - Page 1

    Page 2 du livre signé Philippe Garnier

    Le producteur justement c’est Charles K. Feldman, un sacré loustic auquel Philippe Garnier a consacré quelque peu de son temps tel un archéologue du cinéma au savoir-faire quasi unique aujourd’hui pour nous pondre une prose rigoureuse et passionnante proposée au sein du livre qui donne à cette édition l’appellation de « mediabook ». Un texte qui vient à la fois compléter les propos de Guérif tout en leur apportant un autre éclairage entrant en résonance avec la portée même du film. Utilisant Feldman tel un fil rouge disruptif, Philippe Garnier revient évidemment sur le bouquin de Nelson Algren, un nom qui avait déjà été remarqué au générique de L’Homme au bras d’or d’Otto Preminger en 1955, dont l’adaptation a nécessité un nombre incalculable de scénaristes pour accoucher d’une histoire à des années lumières du souffle pervers et putride qui embaumait le livre. Garnier consacre aussi un chapitre entier sur la conception du générique de Saul Bass affirmant même que le chat noir que l’on voit déambuler au sein d’un décor un peu labyrinthique symbolisant bien entendu les pérégrinations du héros, est en fait la vraie vedette du film.

    Tout ceci n’est qu’un bref aperçu des coulisses d’une œuvre dont on finirait presque par croire que son intérêt réside de ce côté-ci de l’écran alors qu’en réalité c’est un peu plus complexe que cela. Ainsi, quand Guérif nous révèle que la grande Barbara Stanwyck, qui joue ici une maquerelle amoureuse de Capucine au point de la retenir jalousement au sein de la maison close qu’elle administre d’une main ferme, était une star qui aimait les femmes (ce que nous ne savions pas), on comprend mieux pourquoi sa prestation nous semblait si juste et affirmons le « authentique ». À une époque où ne serait-ce qu’aborder la question de l’homosexualité dans un film pouvait vous attirer les foudres de la censure et un peu plus, on parle quand même ici d’une relation consommée et montrée comme telle à la différence au hasard d’un William Wyler qui, s’il abordait encore plus frontalement la question l’année précédente dans La Rumeur (The Children’s Hour), ne permettait pas à Audrey Hepburn et à Shirley MacLaine d’aller au-delà d’une sidérante découverte à contre nature impossible au final à assumer.

    La Rue chaude - Packshot 3D

    La Rue chaude n’en finira donc pas de surprendre allant d’ailleurs même au-delà de l’apport éditorial puisque l’aspect technique n’est pas en reste. Wild Side a en effet attendu que Grover Crisp, la dorénavant célèbre entité qui gère depuis quelque temps maintenant toutes les facettes du programme de protection, de restauration et de préservation des bibliothèques de films de Columbia Pictures et TriStar Pictures pour Sony Pictures Entertainment, le restaure en 4K pour le proposer en Blu-ray (et DVD). Et franchement ce n’est que du bonheur entre une impression de détail d’une rare finesse et un grain argentique toujours présent sans être omniprésent, nos rétines sont à deux doigts de rendre l’âme sur quasi tous les plans du film. On pourra faire la fine bouche sur quelques gros plans plus flous mais on est presque certain que l’on pourra mettre cela sur le compte de la photo de MacDonald obligé de tenir compte des desiderata des stars féminines qui ne voulaient pas que l’on distingue quelques-unes de leurs rides naissantes sur grand écran. Au final voici un master immaculé et de toute beauté dans la lignée de leurs travaux effectués dernièrement sur Le Syndrome chinois (The China Syndrome – 1979 – de James Bridges qui est disponible en Blu-ray en Angleterre chez Indicator/Powerhouse Films) / La Poursuite impitoyable (The Chase – 1966 – de Arthur Penn qui est disponible en Blu-ray chez nous chez Sidonis) / La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai – 1947 – d’Orson Welles disponible chez nous chez Carlotta) / Le Violent (In a Lonely Place – 1950 – de Nicolas Ray, disponible en Blu-ray chez nous chez Sidonis) ou encore La Dernière séance  (The Last Picture Show – 1971 – de Peter Bogdanovich disponible en Blu-ray chez nous chez Carlotta).

    La VO a bénéficié du même travail minutieux. Il suffit juste d’écouter le rendu des premières notes de la partition de Bernstein pour être immédiatement convaincu. Le spectre est ainsi étonnamment large pour du mono entre les basses lors des passages musicaux et la précision des ambiances dialoguées, on est là aussi aux anges. La VF elle aussi encodée en DTS-HD mono 2.0 est son exacte contraire. Entre un doublage pour le moins suranné et un rendu global des plus étouffé, on ne peut que saluer l’effort de l’avoir trouvé mais qui ne pourra que vous inciter à vous mettre à l’anglais. C’est comme le vaccin, à un moment il va bien falloir vous y mettre. Oui c’est gratuit mais cela fait du bien de l’écrire et surtout de se dire que voilà une belle conclusion pour une édition qui ne l’est pas moins…

    Au cinéma le : 27 avril 1962

    Résumé : La Nouvelle-Orléans, 1930. Objet de toutes les convoitises, la brillante et sophistiquée Hallie est la principale attraction de la plus célèbre maison close de la ville. Très éprise d’elle, Jo, la tenancière de l’établissement, la fait surveiller étroitement par ses sbires. Tout droit arrivé du Texas – après avoir croisé la route de la jeune et délurée Kitty – Dove va bouleverser la donne en se lançant à la recherche de l’amour de sa vie, Hallie, qui s’était volatilisée quelques années plus tôt.

    Spécifications techniques Blu-ray :

    • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
    • Langue(s) : Anglais & Français DTS-HD MA 2.0 mono
    • Sous-titre(s) : Français
    • Durée : 1h53min 55s
    • 1 BD-50

    Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

    Bonus :

    • Impasse à Perdido Street : Entretien avec François Guérif (33min 43s – HD – 2021)
    • Un livret de 50 pages de Philippe Garnier illustré de photos d’archives

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