Les Granges brulées - Image une test Blu-ray

Les Granges brulées (1973) – Coin de Mire Cinéma – Vague 7

Si le nom de Jean Chapot ne vous dit rien, c’est normal. Réalisateur de deux longs métrages de cinéma dont Les Granges brulées, il est surtout connu pour avoir travaillé au long cours dès 1976 et le film Néa en tant que scénariste pour l’écrivaine et cinéaste Nelly Kaplan. Il a sinon pas mal œuvré pour la télévision en tant que là aussi scénariste mais aussi réalisateur sans que pour autant il ne revienne jamais derrière une caméra pour le cinéma. Une incongruité que l’on s’explique difficilement tant Les Granges brulées reste encore aujourd’hui un morceau de bravoure cinématographique par sa mise en scène soignée et inspirée, une intrigue prenante et des comédiens aux prestations marquantes. Alors quoi ? Un début de réponse se trouve au sein des bonus de ce combo édité par Coin de Mire Cinéma aux prestations techniques remarquables.

  • Les Granges brulées (1973) de Jean Chapot - Digibook - Blu-ray + DVD + Livret - Packshot Blu-ray
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Les Granges brulées - Digibook - Blu-ray + DVD + Livret
Année :1973
Réalisateur :Jean Chapot
Éditeur :Coin de Mire Cinéma
Sortie le :9 avril 2021 (France)

Au cinéma le : 30 mai 1973

Résumé :  Dans le Haut-Doubs, une ferme enfouie sous la neige enferme pour l’hiver une famille, un troupeau et les tonnes de fourrage nécessaires. Cette famille, c’est celle de Rose, 50 ans, robuste, intelligente, sans méchanceté. Elle règne sur sa petite tribu : un mari, des enfants, des belles-filles, des petits-enfants. Et jusqu’à la nuit où le cadavre d’une jeune femme poignardée avec sauvagerie est découvert proche de la ferme, la famille de Rose vivait une vie quotidienne sans histoires. L’enquête se déclenche, et très vite, le juge d’instruction, Pierre Larcher, en vient à soupçonner la ferme et en particulier les fils de Rose. C’est entre Larcher et Rose, ces deux forces face à face, que va se jouer cette partie, que s’engage ce duel à mort…

Les Granges brulées - Affiche

Par son histoire, Les Granges brulées rappelle indéniablement celle de L’Affaire Dominici de Claude Bernard-Aubert sorti au demeurant un mois plus tôt et lui aussi disponible chez l’éditeur. Un meurtre est commis en pleine nuit pas très loin d’une ferme. Ici, la victime est une parisienne agressée dans sa voiture et le lieu est un hameau dans le massif du Jura où la ferme en question est isolée une bonne partie de l’hiver par la neige. Il est évident que Jean Chapot a été séduit par la région photogénique en diable qui donne d’ailleurs spontanément envie de revoir Un roi sans divertissement (1963) de François Leterrier, un autre film dominé par ses cadres enneigés et son enquête sur un crime crapuleux. Tout comme lui et tout comme Alain Delon, juge d’instruction de la ville que l’on envoie sur place afin de se charger de l’affaire, on est fasciné par ces décors naturels synonymes quelque part de prison à ciel ouvert mais aussi d’habitants aux caractères en acier trempé. Ce qu’illustre à merveille une Simone Signoret en chef de clan d’une famille habitant cette ferme dite des Granges brulées. À l’instar de Gabin / Dominici, elle dirige ses « ouailles » d’une main de fer dans le seul but de les protéger et de les défendre même si les coups de boutoir du juge d’instruction viennent fragiliser ses convictions envers les siens.

Les Granges brulées - Capture Blu-rayMadame risque de prendre froid

Les Granges brulées c’est donc l’histoire d’un affrontement. D’un côté la justice, ses intuitions, ses convictions et ses préjugés urbains, de l’autre Rose, la Mère, une fermière à la parole rare sur laquelle on peut s’appuyer mais qui ne s’en laisse pas compter. Deux forces que l’histoire habilement troussée par Jean Chapot va emmener en des contrées que l’on devine très rapidement mais dont le traitement surprend et finit par ravir. Il faut dire aussi que la floppée de seconds rôles contribuent à cette réussite. Citons parmi la jeunesse Miou-Miou dont c’était ici l’une de ses premières apparitions devant une caméra (un an plus tard elle explosera aux côtés de Dewaere et Depardieu dans Les Valseuses de Bertrand Blier) et Bernard Le Coq, son mari et fils de Rose, qui du haut de ses 23 ans avait déjà une dizaine de films à son actif. On adore retrouver Jean Bouise en journaliste local à tendance fouille merde (qui a dit pléonasme ?) mais lucide ou encore l’immense Fernand Ledoux qui en seulement deux apparitions en impose en doyen des juges et mentor de Delon. À noter enfin et d’une manière non exhaustive la présence de Catherine Allégret qui elle aussi en très peu de fois à l’écran incarne avec un naturel confondant son personnage d’une des filles de Rose. Rappelons pour la petite histoire qu’elle est à la ville la fille du cinéaste Yves Allégret et de Simone Signoret mais aussi la maman d’un certain Benjamin Castaldi, animateur du PAF de son état.

Les Granges brulées - Capture Blu-rayJean Bouise

Ce ballet de premiers, deuxièmes, troisièmes rôles… est ordonnancé à la perfection par Jean Chapot que Signoret a imposé au producteur Raymond Danon et sa société Lira Film. Rectification. Si Simone Signoret a bien imposé Jean Chapot qui venait de recevoir la Palme d’or pour son court métrage Le Fusil à lunette au festival de Cannes, il s’est révélé en fait incapable de diriger ses acteurs sur le tournage à commencer par Alain Delon avec qui le ton est très vite monté. C’est le bonus Un tournage difficile qui le révèle. Datant de 2004 et déjà présent sur le DVD StudioCanal édité en 2005, il fait intervenir Florence Moncorgé-Gabin (fille de…) alors script-girl sur le film, Philippe Monnier (1er assistant réal) et Jean-François Delon (petit-frère de… et 2ème assistant réal) qui racontent avec force et détails les déboires d’un tournage cataclysmique où si Jean Chapot n’est pas exempt de reproches (incapable de diriger et de faire valoir ses idées de mise en scène), Delon ne l’aurait pas raté non plus. Jusqu’au moment où Jean Chapot est évincé de son film après un épisode où celui-ci ne venait plus préférant rester dans sa chambre d’hôtel se gavant d’anxiolytiques tout en mandatant un huissier pour faire constater que Delon ne suivait pas ses directives (sic !). C’est Alain Delon qui terminera le film s’improvisant donc réalisateur et initiant là sa réputation d’une star devenue ingérable.

Les Granges brulées - Capture bonus Blu-rayRaymond Danon et Jean Chapot dans l’émission Cinéma A diffusé le 3 juin 1973

Un document passionnant que vient doubler un autre, d’époque celui-ci, qui fait réagir les véritables habitants du hameau qui pour certains ont fait de la figuration jusqu’aux véritables propriétaires de la ferme dite des « Miroirs » renommée pour le film « Les Granges brulées ». On y voit aussi un Jean Chapot répondant aux questions du journaliste et revenant sur cette histoire qui au final l’intéresse moins que la possibilité de mettre en avant un environnement et ses habitants qui le fascinent. Comme un message sous-jacent ? Ou plutôt les origines de l’incompréhension entre ses acteurs et ses intentions ? Quoi qu’il en soit, tout ceci permet un angle de lecture des Granges brulées bien différent et surtout de se dire que le résultat tient au final du petit miracle. Et à y regarder de plus près il y a en effet comme un autre affrontement qui s’installe à l’écran. Celui formel entre la mise en image des décors ample, travaillée et pour ne pas dire onirique et la présence des comédiens en son sein. Le « travail » de Delon ayant été certainement de s’y intégrer au mieux alors qu’avec Chapot Les Granges brulées aurait donné lieu à quelque chose de plus austère et antinomique proche du documentaire à la limite sans dialogue. Pas inintéressant mais moins grand public. Celui-ci ne s’est de toute façon pas déplacé en masse. C’est que n’attirer que 991 624 spectateurs pour un film avec Signoret et Delon était de l’ordre de la sortie de route. Rappelons que La Veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre (disponible lui-aussi chez Coin de Mire Cinéma) sorti 2 ans plus tôt avec le même couple de stars, réunissait 2 008 203 entrées.

Les Granges brulées - Télé 7 Jours

Les Granges brulées a de toute façon acquis ses lettres de noblesse via les nombreuses diffusions TV depuis la fin des années 70 que cette édition devrait permettre de prolonger. Outre les bonus déjà détaillés, on précisera que Coin de Mire propose comme à son habitude les actualités de la semaine de sortie du film ainsi que les réclames que l’on pouvait voir en 1973 pendant les séances de cinéma. Souvent savoureuses car exprimant quelque part un temps révolu (et regretté ?), on a surtout retenu parmi les actualités le reportage sur la Tour Montparnasse tout juste inaugurée et qui va donc fêter ses 50 ans en 2023. Marrant d’entendre les riverains s’exclamer sur sa laideur tout en espérant qu’elle va redynamiser un quartier qui se mourrait ou qui avait perdu de son attrait. Bref sur ce coup-là, le concept dit de « La Séance » tient toutes ses promesses.

Les Granges brulées - Scénographie Combo

Que dire du versant technique de cette édition sinon qu’une fois encore Coin de Mire Cinéma en partenariat ici avec StudioCanal qui s’est chargé de la restauration en 4K nous proposent une image extraordinairement équilibrée et répondant toujours présent quand il s’agit de définition et de grain pellicule. La photo signée Sacha Vierny qui a beaucoup travaillé avec Resnais et sur la fin de sa carrière avec Peter Greenaway, ne semble souffrir d’aucune trahison avec cet étalonnage jamais voulu en gris et blanc. Il y a par exemple un travail sur les couleurs certainement voulu comme tel afin de contrecarrer justement la blancheur des paysages doublé d’un sentiment d’écrasement de la profondeur de champ. La partie son n’est pas en reste pour rendre compte de la musique envoutante composée par un certain Jean-Michel Jarre qui s’inscrivait alors dans une tendance « electro » à la François de Roubaix. C’est donc peu de dire qu’avec un tel écrin, il y a vraiment de quoi se faire une très belle toile chez soi.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h38min 12s
  • 1 BD-50

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 22me semaine de l’année 1973 (9min 26s – HD)
  • Réclames de l’année 1973 (9min 11s – HD)
  • Un tournage difficile (25min 37s – HD – 2004)
  • À propos d’un film (9min 10s – HD – 1973)
  • Bandes-annonces :
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

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