Tous les articles par Sandy Gillet

Sans filtre – Thérapie de luxe

Avec Sans filtre, Ruben Östlund est rentré instantanément dans la catégorie très fermée des cinéastes ayant obtenu la Palme d’or pour deux films réalisés à la suite. Seuls Bille August (Pelle le Conquérant – 1988 et Les Meilleures Intentions – 1992) et Michael Haneke (Le Ruban blanc – 2009 et Amour – 2012) ont marqué leurs filmographies respectives de ce sceau indélébile. Ce constat validé quid de Sans filtre ? Outre sa Palme d’or qui n’entérine pas forcément le meilleur film d’une sélection (si tant est que la notion même de « meilleur film » ait une signification tangible au sein du raout cannois), Sans filtre marque-t’il déjà de son empreinte le cinéma et pourquoi pas son époque ? On serait tenté de répondre par l’affirmative ne serait-ce que par l’effroyable lucidité de son regard porté envers ses semblables. C’est-à-dire vous et nous.

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Planning Blu-ray et Blu-ray 4K – Octobre 2022

Forcément, se dégage ce mois-ci au sein du planning Blu-ray, la présence du Pacte des loups d’un certain Christophe Gans. D’autant que si cette édition propose bien entendu la galette 4K UHD, on y trouve aussi un tout nouveau Blu-ray où le travail de restauration opéré par le laboratoire Hiventy est mis en valeur. Une philosophie éditoriale aux antipodes de l’édition combo UHD / Blu-ray de La Règle du jeu sorti en septembre dernier chez l’éditeur ESC (au hasard). Pour Le Pacte des loups Metropolitan a donc mis « les petits plats dans les grands » (private joke remontant à feu DVDrama qui avait bien entendu couvert la sortie du film en 2001 et ses premières déclinaisons en vidéo) que ne manquera pas de détailler notre ami Stef dans un prochain papier qui s’annonce bien velu (mais non on ne lui met pas la pression).

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Les Enfants des autres – Déchirante humanité

Rebecca Zlotowski impose progressivement mais incontestablement sa griffe dans le paysage cinématographique français. Apparue sur les radars en 2010 au festival de Cannes section Semaine de la Critique avec Belle Épine qu’elle prolongera trois ans plus tard avec Grand Central présenté à Un Certain regard, on avoue bien volontiers que rien ou pas grand-chose ne nous avait donné envie de crier au génie ou à la fulgurante révélation décrétée par une bonne partie de la critique d’alors. On avoue aussi que son Planétarium qu’elle réalise en 2016 en s’adjoignant un casting plutôt détonnant (Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amira Casar, Pierre Salvadori, Louis Garrel…) nous avait tellement laissé de marbre que nous ne l’avons toujours pas vu. C’est donc peu de dire que quand débarque Une fille facile à la Quinzaine des réalisateurs en 2019, on y va surtout pour satisfaire une curiosité des plus voyeuristes cinéphiles. Pensez donc, il y a Zahia en tête d’affiche. La claque rohmérienne que l’on s’est prise, outre le fait que l’on ne s’y attendait pas, et bien on ne s’en est toujours pas remis. Une brulure faciale que Les Enfants des autres prolonge de la plus belle des manières.

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Fiche film : Sans filtre (2022)

Le titre original de Sans filtre est Triangle of Sadness, « triangle de tristesse » en français. Cela fait référence à un terme utilisé dans l’industrie de la beauté. Une des amies du réalisateur Ruben Östlund s’est entendue dire par un chirurgien esthétique lors d’une soirée au sujet d’une ride entre ses sourcils : « Vous avez un triangle de tristesse assez profond… Mais je peux arranger ça avec du Botox en un quart d’heure ». Le réalisateur raconte : « En suédois, on appelle ça la ride du souci, elle serait le signe qu’on a eu beaucoup d’épreuves dans sa vie. J’ai trouvé que c’était révélateur de l’obsession de notre époque pour l’apparence et du fait que le bien-être intérieur est, d’une certaine manière, secondaire. »

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Fiche film : The Innocents (2021)

« Je crois que les enfants vivent au-delà des notions de bien et de mal. Ou plutôt avant. Mais je ne pense pas que les enfants soient des petits anges, ou que nous naissions purs. Je crois que nous naissons sans aucune notion d’empathie ou de morale – cela doit nous être enseigné. » – Eskil Vogt (réalisateur) à propos de la signification du titre de son film The Innocents.

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