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Fiche film : Shorta (2020)

Shorta signifie « police » en arabe.

« Shorta est un film de genre. Il doit beaucoup à des réalisateurs tels que William Friedkin, Sydney Lumet et Walter Hill et à leurs thrillers croustillants et antihéros complexes des années 70 et 80. Mais aussi à des cinéastes comme Spike Lee et Mathieu Kassovitz, dont les œuvres mijotent avec colère, indignation et défi pour enfin livrer un commentaire social fort avec un style visuel renforcé. » – Anders Ølholm et Frederik Louis Hviid réalisateurs de Shorta.

Shorta (2020)

Réalisateur(s) : Anders Ølholm et Frederik Louis Hviid
Avec :  Jacob Lohmann, Simon Sears, Tarek Zayat, Dulfi Al-Jabouri
Durée : 1h48
Distributeur :  Alba Films
Sortie en salles : 23 juin 2021

Résumé : Talib, 19 ans, adolescent noir, meurt des suites de blessures mortelles en garde à vue. Son décès provoque une révolte dans la banlieue de Copenhague au moment où deux policiers que tout oppose, Jens et Mike, s’y trouvent justement en patrouille. Pris en chasse, ils vont devoir se frayer un chemin pour échapper aux émeutes. S’engage alors un affrontement implacable.

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  • Avis : Shorta est un film danois qui nous parle de la banlieue de sa capitale, Copenhague. De celle qui s’embrase quand une bavure policière manifeste a été commise sur un adolescent noir. Jusque-là, et il faut dire à notre grande surprise, nous sommes en terrain connu. Ben oui, nous avions jusqu’ici la naïveté de croire que le Danemark, à l’instar des autres pays nordiques, était épargné par ce genre de soubresauts caractéristiques d’une société malade de son immigration. Entendre par là qui n’a pas su mener une politique d’intégration cohérente et respectueuse. C’est que l’on en était resté à la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn qui s’il abordait avec maestria la petite et grande délinquance de son pays, celle-ci semblait se résumer à sa population de souche ou au « pire » européenne. On l’avoue donc une nouvelle fois bien volontiers, on est tombé de notre chaise à la découverte du synopsis et surtout des images de la bande annonce qui laissent de surcroît deviner un film nerveux zyeutant vers le western urbain.
    Oui car on a oublié de préciser qu’au sein de ce climat déjà délétère, une voiture de police qui patrouille au beau milieu d’une cité va se retrouver pris au piège puis ses occupants pris à parti quand les médias annoncent la mort du jeune noir. Le fil rouge social du début se transforme alors en un thriller, sec, rugueux, âpre et sans concession pour personne. Oui car il y a bien une troisième couche avec le portrait de ces deux flics que tout oppose trimballant avec eux un passé récent plutôt pesant qu’ils vont bien devoir mettre de côté (ou pas) pour se sortir vivant de cette souricière mortelle. Et comme si cela ne suffisait pas, on trouve à la barre de tout ça un duo de réals dont on sera bien en peine de prononcer les blazes mais qui proposent une mise en scène souvent furieuse et haletante, toujours inspirée et où la violence n’est jamais gratuite puisque toujours au service de l’histoire.
    C’est peu de dire que la révélation initiale se double d’un versant qui renvoie aux plus belles heures d’un Carpenter avec son Assaut dont Shorta est en quelque sorte un hommage à peine voilé sans parler de l’énorme clin d’œil à La Haine de Kassovitz. À tel point d’ailleurs que celui-ci est clairement nommé dans un plan du film quand sur le mur d’un parking est tagué la phrase (en français s’il vous plaît) « jusqu’ici tout va bien ». C’est peu de dire que voilà un film né sous deux bonnes étoiles qu’il ne dénature d’ailleurs absolument pas. Ce pourrait-être au demeurant le seul léger bémol de Shorta. De ne pas trop regarder ailleurs et s’en tenir stricto sensu aux codes du genre. Encore que. Ne s’arrêter qu’à cela, c’est oublié la richesse de tous les seconds rôles qui apportent au récit une vraie plus-value naturaliste que ni Carpenter, ni Kassovitz ne cherchaient véritablement à entretenir.
    La réussite Shorta tient donc à une forme d’alchimie réussie entre une vérité jamais bonne à montrer et un traitement hautement cinématographique des plus convaincant. Seul Bac Nord de Cédric Jimenez peut lui tenir cette année la dragée haute chez nous. Cela sort (finalement) le 18 août après un passage sur la croisette en séance spéciale. Il est le seul film français qui nous permet cette année de ne pas tomber dans un pessimisme de mauvais aloi quant à la santé de notre cinéma. C’est peu mais prouve aussi en creux toute la réussite de Shorta. 3,5/5
  • Box office : 504 entrées sur 77 copies en 24h. Il faut croire que le distributeur Alba Films et les exploitants n’y croyaient pas trop et c’est bien dommage. Edit 10/10 : un cumul de 6 171 entrées en 3 semaines d’exploitation.
  • La (future) chronique Blu-ray : Autant s’assoir tout de suite sur l’espoir de voir un jour sortir Shorta en Blu-ray de par chez nous. Mais pour les plus courageux, le film est dispo en Blu-ray dans les pays nordiques (Danemark / Finlande / Suède / Norvège) depuis le 22 février dernier chez le même éditeur en VO avec des sous-titres uniquement « nordiques ». Edit 10/10 : Des fois, vaut mieux tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant d’écrire ce qui précède car oui M6 Vidéo annonce un Blu-ray pour le 13 octobre 2021…

Shorta - Affiche

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