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Fiche film : The Deep House (2020)

C’est lors d’une promenade que l’idée de The Deep House est née, comme l’explique Alexandre Bustillo : « Avec Julien, on adore se balader et se pitcher des idées […]. C’est donc en marchant tous les deux qu’on s’est rendu compte qu’on aimait les films de maison hantée et les films sous l’eau – et qu’on a eu envie de réunir les deux. Le soir même, on avait le titre avec le pitch : – et si on enfermait deux plongeurs sous l’eau ? – On a ensuite démarché notre producteur avec cette simple accroche. »

The Deep House (2020)

Réalisateur(s) : Alexandre Bustillo, Julien Maury
Avec :  Camille Rowe, James Jagger, Eric Savin
Durée : 1h21
Distributeur :  Apollo Films
Sortie en salles : 30 juin 2021

Résumé : Un jeune couple américain spécialisé dans l’urbex (exploration urbaine) décide d’aller explorer une maison réputée hantée qui a été ensevelie sous un lac artificiel. Mais celle-ci semble se refermer sur eux et le couple se retrouve prisonnier de cet endroit chargé des plus sombres histoires…

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  • Avis : Il faut croire que le petit séjour aux States a fait du bien au duo Bustillo / Maury. Il faut dire que l’on avait déjà été agréablement surpris en 2018 par l’emballage loin d’être honteux de leur Leatherface. On y revenait aux origines du mythe Massacre à la tronçonneuse sans effets de manche à la con et pour tout dire une mise en scène plutôt efficace. Le parfait galop d’essai en quelque sorte pour se remettre en selle après les purges Aux yeux des vivants (2014) et Livide (2011), pour ne se cantonner qu’aux longs métrages de la dernière décennie. Un tel miracle nécessitait confirmation qui se nomme donc The Deep House.
    Film qui emprunte aux codes du found footage initiés par le célèbre Blair Witch Project (1999) mais revus à l’aune des réseaux sociaux. Ce qui au passage permet de ne plus s’appesantir sur le côté « found » de la chose mais uniquement sur son versant « footage ». Dans les faits cela donne une histoire prétexte où un couple passionné d’« urbex » (pour « urban exploration ») se met en tête de trouver et de pénétrer caméra au poing et autres procédés digitaux une maison engloutie par les flots. Bien entendu et histoire de pimenter un peu le récit, la maison se doit d’avoir un passé pour le moins sulfureux sans oublier de caractériser un tantinet les deux personnages pour vite se rendre compte que la petite amie n’est pas aussi fougueuse et intrépide que son mec dont l’ambition dans la vie n’est autre que de se faire des couilles en or sur Youtube (Sic !). Passons…
    On va donc dire que le décor est planté et pour être honnête il n’y avait pas besoin d’en faire plus. D’autant que cela permet d’enquiller sur le deuxième tiers du film. Sans conteste, le plus réussi. Soit la découverte du spot perdu au beau milieu de la campagne française (ou Belge) et la lente descente dans les profondeurs d’un lac artificiel à la découverte de cette bâtisse d’un autre âge. C’est en effet là que la mise en scène du duo est la plus en phase avec son sujet, de sa progression dramatique et des bouffées d’angoisse jamais appuyées et toujours insufflées par Tina jouée par Camille Rowe que l’on avait (timidement) découvert en 2010 dans Notre jour viendra de Romain Gavras. Et puis il y a la maison en elle-même pour laquelle le duo s’ingénie à nous faire découvrir chaque pièce avec une méticulosité et un sens du cadre qu’on ne leur connaissait pas utilisant pour cela et à bon escient la dialectique et la grammaire visuelle du vidéaste soi-disant amateur.
    Le dernier tiers, plus attendu, ne va pas chercher dans la surenchère. Ce qui là encore est assez surprenant dans le cinéma d’Alexandre Bustillo et de Julien Maury dont on rappellera que A l’intérieur, leur tout premier long réalisé en 2007, n’a pas pour qualité principale de faire dans la dentelle. Si on a quand même droit à quelques petits tics de mise en scène qui rappellent la maxime « chassez le naturel, il revient au galop », le plan final est plutôt bien vu et pour le coup assez loin des codes attendus du genre. Ce qui n’est absolument pas pour nous déplaire finissant donc même par nous convaincre que l’on est face à un petit film malin, limite roublard (dans le bon sens du terme), efficace, absolument pas bégueule et qui surtout va contenter le spectateur blasé comme celui ou celle en mal de sensations maritimes fortes.
    The Deep House ne cherche pas à en donner plus mais cela tombe bien, on est très heureux de pouvoir s’en contenter. Surtout au regard du soi-disant renouveau annoncé du label « french frayeur » dont on nous rebat les oreilles à longueur de semaine et dont Teddy, qui sort aussi ce mercredi, en est un nouveau et fier représentant. On sait pas pour vous, mais du côté de chez DC, notre choix est fait… 3/5
  • Box office : À l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, nous ne savons pas sur combien de copies va être distribué The Deep House. Mais cela ne pourra pas être pire que les 9 copies octroyées pour Aux yeux des vivants (1 829 entrées quand même) ou les 17 qui ont permis aux 5 101 spectateurs de se flingueur les rétines à la vision de Livide. On en profite d’ailleurs pour rappeler que Leatherface ne fut distribué de par chez nous qu’en VOD et en Blu-ray/DVD alors que l’on est persuadé qu’il aurait attiré plus de 5 000 pékins. Reste les 70 514 entrées générées sur 108 copies par A l’intérieur. « Record » à battre ! Edit 29/06 : The Deep House sera distribué sur 199 copies. De quoi lui permettre d’envisager a minima les 150 000 entrées.
  • La (future) chronique Blu-ray : Apollo films, le distributeur, fait aussi dans l’édition vidéo mais très peu dans le Blu-ray. Le succès en salle devrait toutefois donner une seconde vie à The Deep House sur le  support. Dans le cas contraire…

The Deep House - Affiche

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