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Fiche film : L’Homme de la cave (2021)

Dans les années 2000, un couple d’amis proches de Philippe Le Guay a décidé de vendre leur cave à un homme qui souhaitait entreposer des archives. Ils ne se sont méfiés de rien et ont donné la clé en même temps qu’ils ont encaissé le chèque. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que l’homme s’installerait physiquement dans la cave. Le réalisateur se rappelle : « Cette vente banale s’est transformée en un véritable cauchemar. L’acquéreur s’est révélé être un néo-nazi pur et dur, un des piliers du négationnisme en France. Quand le couple a voulu annuler la vente, c’était trop tard. Sans le savoir, ils avaient scellé la vente puisque dans le droit français – tant qu’il y a accord sur la chose et sur le prix, la vente est conclue. Même si l’acte notarié n’a jamais été signé.
Mes amis ont entrepris de casser la vente, ils ont eu recours à une première procédure, il y a eu un procès… et ils ont perdu. Il a fallu réengager un autre avocat et reprendre tout à zéro. Ça a duré plus de deux ans. Je me suis intéressé à cette histoire en 2009, alors que l’homme de la cave venait d’être expulsé. Mes amis ont subi un tel traumatisme que leur couple a explosé, alors qu’ils s’adoraient. »

L’Homme de la cave (2021)

Réalisateur(s) : Philippe Le Guay
Avec : François Cluzet, Jérémie Renier, Bérénice Bejo, Jonathan Zaccaï, Victoria Eber, Patrick Descamps
Durée : 1h54
Distributeur : Ad Vitam
Sortie en salles : 13 octobre 2021

Résumé : À Paris, Simon et Hélène décident de vendre une cave dans l’immeuble où ils habitent. Un homme, au passé trouble, l’achète et s’y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple.

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  • Notre avis : C’est plutôt rare, pour ne pas dire exceptionnel de voir Philippe Le Guay s’aventurer en des eaux de cinéma aussi saumâtres. C’est que le réalisateur de Normandie Nue (2018) avec déjà François Cluzet, Floride (2015), Alceste à bicyclette (2013) ou encore Les Femmes du 6e étage (2011) et ses plus de 2M de spectateurs, pour ne citer que les films réalisés lors de la précédente décennie, nous avait plutôt habitué jusqu’ici aux comédies de mœurs haut de gamme qui ne se privent pas de temps à autre pour nous asséner une petite analyse sociétale. De ces productions à la française bien huilées qui peuvent aussi être agaçantes dans leur propension à asséner une morale très petite bourgeoisie parisienne à l’attention de son public de province qu’il toise pour le coup de haut.
    L’Homme de la cave est un thriller pur jus qui nous prend de surcroît à témoin quant à la déliquescence vertigineuse des gardes fous moraux et institutionnels de nos sociétés à commencer par la nôtre. C’est quelque part un film « Covid friendly » en ce sens qu’il révèle pour ne pas dire amplifie les lignes de fracture jusqu’ici plus ou moins sous-jacentes ou peu apparentes provoquées par la peur de l’inconnu. Ici l’homme qui s’installe dans la cave après en avoir fait l’acquisition, devient très vite cette cellule cancérigène qui va d’abord bouleverser l’équilibre d’une famille puis celui de cet immeuble parisien. Professeur d’histoire d’un lycée parisien viré pour ses positions négationnistes, le voici se présentant comme un homme ne faisant que questionner la « vérité officielle ». Une rhétorique qui lui permet d’apparaître comme une sorte de martyr moderne dont le seul crime est de poser des questions.
    La force du film c’est sa propension à faire monter une tension inexorable qui rappelle un peu celle que Polanski avait su si bien mettre en scène dans Le Locataire (1976). On regrettera juste le climax final un peu artificiel et à contre-courant de l’ensemble. Mais à part cela, L’Homme de la cave est une œuvre dense, tenue, et nécessaire qui fait bien entendu écho à la montée des idées complotistes du moment dont le négationnisme en est l’arrière-cours nauséeuse. L’Homme de la cave devenant ce thriller au discours engagé qui permet à Philippe Le Guay d’accéder au rang de ces cinéastes dont la parole et le talent s’expriment enfin pleinement. 3,5/5
  • Box office : 23 365 entrées sur 185 copies à l’issue du 1er week-end d’exploitation. C’est très peu. À titre de comparaison Normandie Nue, son précédent film avait réuni 203 358 spectateurs au même temps de passage sur 489 copies pour terminer sur un cumul de 603 044 entrées. Score que L’Homme de la cave ne devrait pas atteindre et c’est bien dommage. Edit 20/10 : 30 792 entrées après une première semaine complète dans les salles. L’Homme de la cave devrait certainement dépasser les 50 000 entrées mais pas beaucoup plus.
  • La (future) chronique Blu-ray : On doute qu’Ad Vitam se fende d’une édition Blu-ray. Un DVD est par contre envisageable. Affaire à suivre…

L'Homme de la cave - Affiche

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