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Fiche film : Memory (2023)

Le réalisateur Michel Franco est né en 1979 à Mexico et a contribué à mettre le cinéma de son pays sous les projecteurs du monde entier. Il s’est fait connaître avec son film Después de Lucía (Prix spécial du jury Un Certain regard au Festival de Cannes 2012). Depuis, il a enchainé  avec Chronic (Prix du meilleur scénario au Festival de Cannes en 2015), Les Filles d’Avril (Prix spécial du jury Un Certain regard au Festival de Cannes en 2017) ou encore Nouvel ordre (Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise en 2020).

Memory est son huitième long métrage. Il se concentre sur deux personnages : Sylvia et Saul. Deux êtres que la vie n’a absolument pas épargné mais qui vont se rencontrer/retrouver pour prendre peut-être un nouveau départ.

Memory (2023)

Réalisateur(s) : Michel Franco
Avec : Jessica Chastain, Peter Sarsgaard, Brooke Timber, Merritt Wever, Jessica Harper
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Durée : 1h40min
Sortie en salles : 29 mai 2024

Résumé : Sylvia mène une vie simple, structurée par sa fille, son travail et ses réunions des Alcooliques Anonymes. Pourtant, ses retrouvailles avec Saul bouleversent leurs existences, réveillant des souvenirs douloureux que chacun avait enfouis jusque-là.

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  • Notre avis : Michel Franco est décidément un réalisateur et scénariste mexicain qui s’inscrit plus que durablement dans le cinéma. Depuis Después de Lucía qui obtint le Prix Un Certain regard à Cannes en 2012, il enchaîne en effet les récompenses pour chacun de ses nouveaux films. Memory ne dérogeant pas à la règle avec la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine obtenue pour Peter Sarsgaard à la Mostra de Venise 2023. Une reconnaissance par ses pairs qui ne lui permet pas encore d’atteindre le grand public puisque pour ne prendre que la France, seul Después de Lucía a dépassé les 80 000 entrées. L’association Jessica Chastain, Peter Sarsgaard qu’il a réuni pour Memory devrait certainement lui permettre de briser ce plafond de verre sans que pour autant cela puisse augurer que son blaze s’extraie enfin du ghetto cinéphile dans lequel il est pour l’instant confiné.
    C’est que Michel Franco travaille sur des thématiques impropres à attirer de larges audiences alors que pourtant elles sont proches de l’humain, de ses travers, de ses faiblesses, de sa force… le tout au sein d’un quotidien il est vrai peu spectaculaire mais socialement ultra identifié. Dans Después de Lucía il est ainsi question de harcèlement scolaire mais aussi de deuil et de l’impossibilité de communiquer entre un père et sa fille adolescente. Dans Memory, le deuil est toujours présent. Celui d’une première vie dont on n’arrive pas à refermer les plaies et qui vont de surcroît être ravivées par l’irruption d’un homme (Peter Sarsgaard) souffrant de démence que le personnage de Jessica Chastain a connu au lycée. La communication intergénérationnelle est une nouvelle fois hermétique pour ne pas dire impossible (pas pour les mêmes raisons mais à l’arrivée les conséquences sont les mêmes). Quant à l’environnement urbain, il est anxiogène, gris et peut inviter très vite à se tirer une balle.
    Pour autant, la réalisation de Michel Franco pousse inlassablement dans le sens contraire. Elle est épurée et sobre au début mais toujours avec une petite musique sous-jacente laissant entendre qu’il y a autre chose non pas en un ailleurs mais dans la foi que tout n’est pas à (re)jeter et que surtout l’humanité n’est pas intégralement à bannir dans les affres de l’enfer. Et puis elle devient plus signifiante par la suite (quelques mouvements appuyés, quelques plans plus longs, quelques cadres plus proches des visages). C’est d’abord imperceptible pour ensuite devenir la norme. Memory acquiert alors ses lettres de noblesse pendant qu’un couple se forme à l’écran : puissant, déjà indéfectible, incroyablement pur et pourtant jamais cinématographique. Si Sarsgaard a été récompensé à la dernière Mostra, que dire de Jessica Chastain qui n’en finit plus de confirmer qu’elle est sans aucun doute l’une des meilleures actrices de sa génération. Sa prestation ici embrase le film pour l’emmener en des contrées peu explorées au cinéma où délicatesse et finesse en sont les deux chapelles.
    Memory n’est pas un film solaire mais il reste une œuvre optimiste (constat rarissime dans la filmo du cinéaste). Michel Franco voulant sans aucun doute nous lâcher en nous laissant sur une note d’espoir. Mais quoi qu’il en soit, son film est d’une telle puissance évocatrice doublée d’une écriture ne laissant rien au hasard à commencer par des personnages caractérisés au cordeau que l’on est tout de même totalement essoré à l’issue de sa vision. Avec ce sentiment plus que lancinant que l’on a touché du doigt une forme de vérité. On ne sait pas laquelle, on ne sait pas sur quoi, mais promis on continuera de chercher lors de ses prochains films. 4/5
  • Box office : 8 611 entrées sur 207 copies 1er jour France. De quoi envisager un cumul aux alentours des 100 000 spectateurs, soit le meilleur score en France pour le cinéaste mexicain. À confirmer.
  • La chronique Blu-ray : Metropolitan a déjà annoncé la sortie d’un Blu-ray pour le 5 octobre 2024.

Memory - Affiche

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