Star Wars : Squadrons

2020 : PS4 & XBO tirent leur révérence

Après sept ans de bons et loyaux services, la PlayStation 4 et la Xbox One s’apprêtent donc à tirer leur révérence pour laisser place à leurs successeuses, respectivement la PlayStation 5 et la Xbox Series X qui débarqueront dans toutes les bonnes crèmeries dans quelques semaines (le 10 novembre pour la machine de Microsoft et le 19 novembre pour celle de Sony). Et bien que tous les regards seront désormais tournés vers ces nouvelles consoles, des jeux vidéo n’en continueront pas moins de sortir sur PS4 et XBO au cours des mois (années ?) à venir. Comme en témoigne la petite sélection de titres ci-dessous.

Sommaire

 

Star Wars : Squadrons - PlayStation 4En 2020, il n’y aura point de Star Wars sur grand écran. Et pour cause, le deuxième spin-off de la saga, Solo (2018) s’est lamentablement vautré au box-office (à juste titre tant le film est vraiment le pire de l’univers Star Wars) mettant en suspens tout nouveau projet de ce type après l’excellent Rogue One (2016). Dans le quasi même temps la saga Skywalker a définitivement tiré sa révérence en 2019 au terme d’un IXe épisode baptisé L’Ascension de Skywalker qui aura soufflé le chaud (un peu) et le froid (beaucoup). Peu ou prou à la même période sortait le jeu Star Wars Jedi : Fallen Order, sympathique aventure très fortement influencée par un certain Uncharted. En attendant les prochains exploits starwarsiens sur grand écran actuellement en préparation, l’opus vidéoludique 2020 quitte le plancher des vaches pour nous entrainer tout là-haut dans les étoiles aux commandes de Tie Fighter et autres X-Wing dans Star Wars : Squadrons. Point de personnages canoniques ici ni même d’Étoile de Mort mais un récit qui prend place précisément après les évènements d’un certain Retour du Jedi (1983) alors que l’Empire, désormais disséminé en groupuscules aux quatre coins de la galaxie, l’a plutôt mauvaise d’avoir vu son dernier gros joujou réduit en mille morceaux par les troupes rebelles qui, de leur côté, entendent bien s’armer en vue de contrer une éventuelle résurgence de l’Empire en concevant une mégastructure répondant au doux nom de projet Starhawk. Voilà pour le décorum.

À partir de ce pitch, la campagne solo vous place alternativement aux commandes de vaisseaux de part et d’autre de l’échiquier histoire de tenter d’épaissir un peu les traits des personnages de chaque côté de la Force. Peine perdue car dans les faits, comme bien trop souvent, il ne faudra pas s’attendre à grand-chose sur le plan narratif sinon des personnages archétypaux et quelques références à d’autres, un peu plus connus des fans. Mais on ne s’adonne pas vraiment à SW : Squadrons pour son histoire mais pour ses dogfights plutôt bien troussés grâce à une assise technique qui, quant à elle, fait son petit effet, entre des graphismes vraiment travaillés (ah ces combats dans le ciel de Yavin !) et une bande-son qui emprunte aux longs-métrages, aussi bien du côté des musiques de John Williams que des bruitages des vaisseaux. Les premiers instants à bord du cockpit nécessiteront toutefois un petit temps d’adaptation histoire de bien maîtriser la façon de diriger son vaisseau dans toutes les directions combinées à la gestion de la poussée histoire de ne pas se retrouver un peu trop vite le nez dans un croiseur interstellaire. Mais une fois le pilotage bien en main, à vous les joies des loopings et autre virages serrés afin de dégommer les différents objectifs successifs de votre mission. Et si les premières heures se révèlent plutôt grisantes, on se rendra toutefois rapidement compte que le titre n’a pas l’étoffe d’un AAA. On aurait ainsi beaucoup aimé prendre part à des affrontements interstellaires plus grandioses face à des vaisseaux plus impériaux dans la droite lignée des exploits cinématographiques sus-cités et non à une simple enfilade d’objectifs. La faute sans doute à un budget et in extenso une équipe réduite. Ce qui explique sans doute également son tarif plus « doux » que les standards (40€ à l’heure où nous écrivons ces lignes). On rage également de certains passages die and retry qui doivent se jouer au millimètre près, très tôt dans la partie.

Autre bonne nouvelle du côté du porte-monnaie, Electronic Arts a de toute évidence tiré les enseignements des retours de bâtons de sa politique économique de Battlefront II puisque de micro-transactions, on ne trouve aucune trace ici. In fine, même si le jeu n’a pas toujours les moyens de ses ambitions, ne boudons pas notre plaisir pour autant car ce Star Wars : Squadrons est une très sympathique proposition vidéoludique starwarsienne en cette année 2020 si particulière qui invite la plupart du temps à rêver aux étoiles depuis chez soi.

 

Mafia : Definitive Edition - PlayStation 4Martin Scorsese ayant désormais des envies de cinéma beaucoup trop ambitieuses (et donc onéreuses) pour que quiconque ne daigne lui accorder les crédits nécessaires pour mener à bien des productions telles que The Irishman (2019), dernier opus de sa quadrilogie mafieuse débutée en 1990 avec Les Affranchis, le cinéaste se tourne donc du côté des géants du streaming tel que Netflix pour réaliser de tels projets. Son prochain long-métrage actuellement en préparation, Killers of the Flower Moon, sera quant à lui financé par Apple. De son côté, Francis Ford Coppola n’a plus donné signe de vie derrière la caméra depuis Twixt (2011) mais n’en a pas moins proposé l’an passé une version Final Cut de son mythique Apocalypse Now et cette année une version revue du troisième opus de sa toute aussi mythique trilogie du Parrain qui pour le coup se nomme désormais (accrochez-vous pour le titre à rallonge) : Mario Puzo’s The Godfather Coda : The Death of Michael Corleone. Une relecture qui en a visiblement inspirée d’autres puisque le studio californien Hangar 13 a décidé à son tour de donner une seconde jeunesse à sa trilogie Mafia qui vit le jour en 2002. Dix-huit ans plus tard sort donc cette Mafia Trilogy sur les consoles next gen (bientôt old gen avec l’arrivée des PlayStation 5 et Xbox Series X). Et c’est à cette occasion que nous avons pu nous aussi nous frotter à l’univers mafieux façon Corleone en essayant le tout premier opus re-lifté et sobrement intitulé Mafia : Definitive Edition.

Dès les premières minutes du jeu, il ne fait aucun doute que les créateurs de Mafia ont été biberonnés par les chefs-d’œuvre du genre des deux cinéastes sus-cités. On pense également à un certain Il était une fois en Amérique (1984) de Sergio Leone dans sa propension à nous conter la grande histoire, celle de l’Amérique au temps de la prohibition par le petit bout de la lorgnette. À savoir l’histoire sous forme de flashback de Tommy Angelo, un chauffeur de taxi lambda dans une métropole fictive répondant au nom de Lost Heaven qui, par une soirée tranquille va venir en aide sans trop le savoir aux hommes de mains d’un certain Don Salieri qui va illico le prendre sous son aile. Commence alors pour Tommy une succession de missions comme autant de chapitres d’un livre, celui de sa vie passée dans le milieu de la pègre. Les cinématiques qui s’intercalent alors entre deux séquences de gameplay permettent de savourer un scénario qui avance lentement mais sûrement, fort de tout l’héritage cinématographique évoqué plus haut, depuis les dialogues jusqu’aux postures des personnages ou encore les musiques, c’est en effet tout le legs du travail de Marlon Brando et autres Ennio Morricone qui se ressent au cours de ces séquences. Les amateurs apprécieront.

Les scènes de gameplay quant à elles sont suffisamment diversifiées pour maintenir l’immersion au cœur de cet univers mais souffrent néanmoins de quelques lacunes ici et là, notamment une sensation un peu molle lors des phases de conduite (bon après tout vous conduisez ici des bagnoles des années 30 pas des bolides à la Fast & Furious) ainsi que le sentiment d’évoluer au cœur d’une ville fantôme où règne finalement très peu de vie (peu de voitures et peu de piétons). On devine ici bien volontiers les limites du moteur du jeu, qui date donc de 2002 pour rappel, une époque où l’on ne pouvait guère envisager un open-world aussi foisonnant qu’aujourd’hui. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant car à une époque où les films sur la pègre ont déserté le grand écran, les créateurs de Mafia ont fait leur le célèbre adage du « c’est dans les vieux pots qu’on fait la bonne soupe » pour nous proposer cette version remasterisée de leur trilogie qui rend un hommage plutôt réussi aux grandes œuvres cinématographiques du genre du siècle dernier.

 

Desperados III - PlayStation 4L’idée de vous parler de Desperados III a découlé d’un double concours de circonstance. D’une part l’arrivée dans notre boite mails de l’annonce d’un deuxième DLC du jeu et d’autre part le fait que le studio derrière le jeu en question n’est autre que le munichois Mimimi Productions à qui l’on doit l’excellent Shadow Tactics : Blades of the Shogun sorti en 2016 sur PC et en 2017 sur PlayStation 4 et Xbox One. Il n’en fallait pas davantage pour piquer notre curiosité et demander un petit code de téléchargement au service de presse. Et bien que ce jeu porte le n°3, inutile d’avoir joué aux précédents opus puisqu’il s’agit ici d’une préquelle nous contant les premiers faits d’arme de son héros, John Cooper. La première mission du jeu en forme d’apprentissage permettra aux nouveaux venus de se familiariser avec les rudiments du gameplay tandis que ceux qui avaient déjà tâté du Shadow Tactics sus-cité seront illico en terrain connu puisqu’on y retrouve en effet les mêmes mécaniques de jeu. Un constat qui fera sans doute dirent à certains que Desperados III n’est ni plus ni moins qu’une skin de Shadows Tactics, le Japon féodal, ses sabres, nunchakus et autres chapeaux de paille ayant cédé la place au Far West, colts, coutelas et autres sombrero. Ce qui ne sera pas totalement faux en soi mais compte-tenu du niveau d’excellence du modèle nippon, il serait fort dommageable de rejeter cette transposition à l’époque des attaques de trains et autres diligences.

Techniquement parlant, cette vision du Far West poussiéreux, caillouteux balayé par les vents est un ravissement fourmillant d’une multitude de petits détails visuels (et sonores) que vous aurez tout loisir d’admirer à 360° tout en zoomant / dézoomant sur l’aire de jeu. Les dialogues entre les personnages tout au long de leur progression sont eux aussi un nouveau ravissement en termes d’écriture et de doublage et permettent ainsi lentement mais sûrement d’étoffer la caractérisation de chacun. Et si l’on est souvent plus absorbé par le gameplay, il serait fort dommage de ne pas prêter un minimum attention à ces échanges qui sont tout sauf du remplissage. Quant au gameplay à proprement parlé, on vous renverra ici à notre article sur Shadow Tactics tout en précisant une fois de plus que les amateurs d’infiltration pure seront aux anges et que la patience et le sens de l’observation seront indubitablement les deux armes maîtresses de la réussite. Fin du fin, le fameux mode Shadow est lui aussi de retour sous le nom de Shodown et consiste une nouvelle fois à planifier toutes les actions de ses personnages en amont avant de les déclencher au moment opportun et de se délecter ensuite en assistant à leur enchaînement les unes à la suite des autres. Seul petit bémol, comme pour son prédécesseur nippon, Desperados III n’est pas précisément le genre de jeu qui se prête le mieux à une pratique à la manette (et de facto sur consoles), l’utilisation de l’ensemble des interactions possibles avec cette dernière nécessite en effet un minimum de pugnacité pour ne pas s’emmêler les pinceaux. Un bien maigre reproche au regard du plaisir prix à jouer les fines gâchettes de l’Ouest.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.05)
  • Taille occupée : 40Go environ
  • Sortie le 16 juin 2020 sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Trailer de lancement

 

Wasteland 3 - PlayStation 4Si la saga Wasteland vit le jour en 1988 sur PC, Apple II et Commodore 64 (voilà qui ne nous rajeunit pas !), la première mouture sur consoles (en l’occurrence la PS4 et la XBO) attendra 2015 avec Wasteland 2, un an après la sortie PC. C’est à cette même période que l’auteur de ces lignes fit ses premières armes dans la saga sur la console de Sony. Un an plus tard, une campagne participative pour le financement du troisième volet était lancée et remportée très haut la main avec à l’arrivée plus de $3M récoltés sur les $2,75M visés, sachant que cette somme comptait pour 40% du budget du jeu, le reste étant réparti entre financement interne du studio InXile Entertainment et investisseurs externes, à hauteur respectivement de 40% et 20%. Ce qui porte le budget total de Wasteland 3 à quelques $7M. Une somme certes confortable mais pas nécessairement démentielle quand on sait que les budgets des gros AAA vidéoludiques actuels se comptent en dizaines de millions de dollars. Une somme cependant parfaitement mise à profit, qui se voit et surtout s’entend en dépit de quelques lacunes (on y revient juste après) afin d’immerger le joueur au cœur de son univers post apocalyptique.

Un univers qui n’a certes rien de très original. Jugez plutôt : dans Wasteland 3, vous incarnez des Rangers du Désert, groupe paramilitaire qui tentent du mieux qu’ils peuvent de remettre un peu d’ordre dans ces terres dévastées (traduction littérale du « Wasteland » du titre) par une guerre nucléaire USA vs URSS (rappelons que le premier opus a vu le jour en 1988 alors que la Guerre Froide bien que tirant sur sa fin faisait toujours rage). Voilà pour le décorum. Dans les faits, la saga est un savant mélange entre d’un côté le RPG pour son pendant exploration, XP des personnages et upgrades de leurs matos et de leurs compétences et de l’autre des affrontements au tour par tour. Techniquement parlant et eu égard au budget sus-cité, Wasteland 3 est une belle réussite avec des graphismes très détaillées et une palette chromatique renforcée par le HDR. On regrettera toutefois de fréquentes chutes de framerates et de tout aussi fréquents bugs graphiques (on ne compte plus le nombre de fois où des objets, adversaires et autres éléments du décor ont littéralement disparu devant nos yeux avant de réapparaître quelques secondes plus tard !). Là où le jeu ne saurait être pris à défaut, c’est sur le plan sonore avec d’un côté des dialogues intégralement doublés (en VO uniquement) avec un sens particulièrement aiguisé de la saillie percutante. Une qualité qui sied parfaitement à un titre où les embranchements scénaristiques prolifèrent aux détours de ces innombrables dialogues. À cela s’ajoute une bande originale parmi les plus soignées qu’il ait été donné d’entendre pour un jeu vidéo et pour cause, la personne en charge de ce pan du jeu est une dénommée Mary Ramos, ni plus ni moins que la superviseuse musicale des films d’un certain Quentin Tarantino. Et l’on pensera ce que l’on veut des réalisations du bonhomme, une chose est sûre, les B.O. de ses longs-métrages sont pour le moins mémorables. Rien de bien surprenant donc à ce que les musiques de Wasteland 3 soient une réussite aussi bien en termes de quantité que de qualité.

Côté RPG, la quantité est également de mise. Vous débuterez l’aventure avec deux personnages à choisir parmi certains « couples » prédéfinis ou bien à concevoir de toutes pièces mais que dans un cas comme dans l’autre vous aurez toute latitude de personnaliser visuellement parlant tandis que le déroulé de l’histoire vous permettra d’upgrader leurs compétences et leurs équipements. Dans le même temps, votre binôme de départ s’agrandira au gré des rencontres pour atteindre un maximum de six individus au total. Si ce pendant du jeu répond pleinement aux attentes en matière de RPG, il souffre également d’une énorme lacune : son inventaire foutraque à souhait où tous les items s’entassent à la va comme je te pousse et démerdes-toi pour t’y retrouver. Aucune option de regroupement, de tri, de filtre, bref un immense bazar et une tare incommensurable en matière d’UX. Le dernier aspect du gameplay concerne quant à lui les affrontements au tour par tour. Si ces derniers sont plutôt réussis et un chouia plus tactiques que le n°2, ils restent cependant loin d’égaler le maître-étalon du genre qu’est XCOM 2. Mais surtout, Wasteland 3 a une nouvelle fois, tout comme son prédécesseur, la très mauvaise habitude de vous balancer des combats aléatoires à la queue leu leu, ce qui peut vite devenir lassant à la longue. D’autant que la durée de vie de ce troisième opus se compte en dizaines d’heures.

Des heures qui risqueront de paraître encore plus longues si l’on prend en compte les temps de chargement à répétition. L’acquisition d’un SSD en lieu et place du SSHD de notre PS4 Pro arrangerait-elle les choses (oui, nous avions déjà upgradé le HDD d’origine pour un modèle hybride supposé être plus véloce) ? Probablement. À tout le moins dans une certaine mesure. La situation s’améliorera-t-elle lors d’un hypothétique portage sur PlayStation 5 et son tout nouveau SSD ultra rapide ? Pour le coup, rien n’est moins sûr car en novembre 2018, soit en plein développement de Wasteland 3, fut annoncé le rachat de InXile Entertainment par Microsoft. Une acquisition parmi tant d’autres afin de disposer d’un grand nombre de studios de renoms dans son escarcelle en vue d’alimenter sa future Xbox Series X en jeux de qualité. L’occasion peut-être de voir débarquer prochainement Wasteland 3 sur la console next gen de Microsoft, de préférence débarrassé de toutes ces petites lacunes techniques.

NB : À l’heure où nous rédigeons ces lignes un patch 1.08 est opérationnel.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.07)
  • Taille occupée : 26Go environ
  • Sortie le 28 août 2020 sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Trailer de lancement

 

Marvels Avengers - PlayStation 4Autant le dire d’entrée de jeu, à Digital Ciné, on n’est pas spécialement fan du fameux MCU qui rapportent des milliards aux quatre coins du globe. Et pour être totalement impartial, on n’est pas davantage friand du DCEU. À la rédac, il y a bien notre Sandy Gillet national qui va encore découvrir les films mais parce que contraint et forcé par les héritiers. Quant aux autres membres de la rédac, c’est avec un (dés)intérêt poli qu’ils découvrent ces longs-métrages quand le cœur leur en dit. Autrement dit pas très souvent. Pour preuve, les deux derniers films Marvel vus par l’auteur de ces lignes remontent à… 2017 avec Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (découvert en salles car j’avais adoré le n°1, merci James Gunn !) et Spider-Man : Homecoming (rattrapé en Blu-ray 4K Ultra HD, merci Sony de nous avoir envoyé la galette !). Mais alors nous direz-vous, si nous n’avons pas davantage d’appétence pour Marvel, à quoi bon tester un jeu baptisé Marvel’s Avengers. À cela deux explications : la première tient au fait que deux mois plus tôt, Marvel’s Iron Man VR ne nous avait pas déplu, loin s’en faut. La seconde est à chercher du côté de notre curiosité pour le projet : le jeu est le fruit du studio Crystal Dynamics à qui l’on doit la saga Legacy of Kain (grosse baffe dans la gueule à l’époque par la découverte de Soul Reaver sur la première PlayStation) mais également plusieurs opus de la célèbre exploratrice Lara Croft (j’ai encore une statuette de la demoiselle dans ma chambre de la maison familiale normande). Bref, deux bonnes raisons pour se lancer dans l’aventure de ce Marvel’s Avengers, d’autant que les acteurs vus au cinéma ne sont pas au rendez-vous pour camper leurs personnages respectifs (le budget du jeu aurait sans aucun doute explosé s’il avait fallu les rémunérer pour ça, sans compter leurs pourcentages sur les ventes).

À la sortie du jeu, cinq de ces super-héros répondent présents : Captain America, Iron Man, Hulk, Black Widow et Thor, auxquels s’ajoutent un sixième larron, Kamala Khan, qui sert de fil rouge narratif et constitue la vraie valeur ajoutée narrative de la campagne solo. Rien de bien original sinon la sempiternelle rengaine de l’adolescente seule dans son coin, un peu nerd sur les bords et qui idolâtre lesdits super-héros. Pour autant, l’enthousiasme qui se dégage de ce personnage met plutôt du baume au cœur. Mais n’allez pas croire que vous passerez tout votre temps en sa compagnie car la campagne en question se chargera de vous placer alternativement aux commandes de ces six personnages au gameplay bien distinct les uns des autres. Ce qui se traduira à l’écran par des affrontements homériques où vous fracasserez tout et n’importe quoi à l’écran, le tout avec un sens du spectaculaire des plus réjouissants. Oui mais voilà, pour aussi jouissif qu’il paraisse de prime abord, ce Marvel’s Avengers là montre bien vite ses limites. Sur le plan du gameplay pur tout d’abord avec une campagne qui laisse rapidement paraître son côté répétitif en dépit du déblocage de nouveaux coups pour chacun des personnages. On passera également sous silence tout le côté loots cosmétique du jeu, nouveau modèle économique très en vogue, accessible en théorie gratuitement mais où dans la pratique tout est fait pour inciter le joueur à dégainer sa CB. On devine par ailleurs bien volontiers qu’aux « seulement » six personnages jouables à la sortie viendront s’en ajouter beaucoup d’autres au cours des mois (années) à venir pour ce qui s’annonce d’ores et déjà comme le jeu service par excellence pour tout fan qui se respecte.

Mais le point le plus dommageable reste assurément l’aspect technique avec, à l’heure où nous l’avons testé une impressionnante quantité de bugs, ralentissements et autres freezes du jeu qui font vraiment désordre. Comme si le studio Crystal Dynamics avait dû sortir le jeu coûte que coûte pour la rentrée afin de combler le vide laissé par une année 2020 désertée en matière de sorties cinématographiques du MCU. Résultat, le jeu se retrouve désormais à enfiler les patchs comme d’autres enfilent des perles en vue de corriger les bugs par milliers. En espérant que d’ici à la sortie du jeu sur consoles next gen (PlayStation 5 et Xbox Series X), toutes ces tares ne seront plus qu’un mauvais et lointain souvenir.

NB : À l’heure où nous rédigeons ces lignes un patch 1.08 a vu le jour la semaine passée.

 

NBA 2K21 : Mamba Forever Edition – PlayStation 4On le sait maintenant, 2020 restera tristement dans les mémoires. L’épidémie Covid-19 bouleversant nos vies et donc celle du monde du sport où les matches se jouent plus ou moins à huis clos, n’a pas fini son parcours alors que se profile la fin de l’année. Pour autant, les acteurs majeurs du jeu vidéo, Sony et Microsoft, ont quand même maintenu la sortie de leur nouvelle console. En fait, on peut même dire qu’ils ont certainement mis les bouchées doubles compte tenu de l’aspect confinement / couvre-feu et tutti quanti propres à vous cloitrer chez vous durant de longues heures qu’il faut bien occuper. Ceci étant dit, il faut bien assurer le tout venant et continuer à nourrir la bête PS4. Et de fait, le nouvel opus NBA 2K logiquement nommé 21 débarque en pleine transition mais également en plein play-offs NBA. Une première. À l’heure où nous rédigeons ces lignes, les Lakers des légendaires LeBron James et Anthony Davis ont soulevé le trophée suprême comme un hommage et une passation de pouvoir envers Kobe Bryant, disparu en janvier dernier et figure de la version Ultimate (Mamba Forever) de ce NBA 2K21.

Comme si l’épidémie avait insufflé un vent de restrictions, NBA 2K21 affiche un menu beaucoup moins clinquant que la version 20 où l’on évoluait dans un centre sportif multicolore. Ici tout est plus à plat, face à un mur, dans un jeu de couleurs plutôt accueillant. Le jeu innove également quelque peu dans le gameplay avec un nouveau mode de shoot qui a fait polémique dès la sortie début septembre. Appelé « Mode Visée Pro », la jauge ne se mesure plus de façon verticale comme le véritable mouvement d’un tir mais de façon horizontale avec un timing plus serré. Un tournant radical mais qui demande une véritable adaptation. Réclamations oblige, l’éditeur Visual Concepts a rectifié le tir via une mise à jour en proposant l’ancien système en option. Au-delà de ce nouveau tir, le jeu offre quelques nuances dans le gameplay, notamment sur les double-pas (lay-up) ou le floater.

En mode Ma Carrière, on retrouve la production Springhill Entertainment qui nous offre le Prélude intitulé The Long Shadow, l’histoire d’un jeune sportif nommé Junior vivant dans l’ombre de son père. Il devra bien entendu s’élever vers les sommets de la NBA en dépit des rivalités et les médias sans oublier une histoire d’amour. Malgré un casting de choix avec Djimon Hounsou et Michael K. Williams en tête, l’ensemble n’a rien gardé de la force du scénario de celui de NBA 2K20. Clichés en tous genres et personnages peu marquants, le Prélude peut néanmoins se passer rapidement via un menu qui vous permettra d’aller directement à la draft NBA. Une fois cette partie accomplie, les réjouissances arrivent avec un univers coloré, repensé à Venice Beach où magasins et terrains se côtoient. C’est également le début de la fin car tout est affaire de microtransactions avec la fameuse monnaie virtuelle VC. De la tête aux pieds en passant par les aptitudes, tout s’achète. Revu sous bien des aspects, le mode Mon Équipe (MyTeam) est celui auquel Visual Concepts a accordé le plus d’attention (échange ou fusion de cartes en double, saisons à multiples objectifs en marge des habituels défis hebdo que ce soit en solo ou en multi). Les autres modes, eux, ne bénéficient d’aucune amélioration notables. Quid des équipes WNBA dans le mode Ma Ligue ? Présentes au coup d’envoi, les joueuses sont absentes dans ce mode.

Au final peu d’innovations sont au programme, quelques problèmes d’I.A. persistent (retour en zone, changement de vitesse inexplicable d’un joueur en contre) et des parties en ligne laggent encore. NBA 2K21 tire néanmoins son épingle du jeu grâce à la profondeur de ses modes de jeu, ses graphismes et une bande-son toujours au top. Mais ce dernier tour de piste de cette génération de consoles risque de décevoir les fans de la franchise tandis que le néophyte y trouvera pleinement son compte. Il faudra donc attendre quelques semaines pour apprécier la version next-gen sur PS5 ou Xbox Series X/S qui promet déjà sur le plan graphique comme en atteste la vidéo ci-dessous. Flavien Bellevue

  • Testé sur PS4 Normale à partir d’une version téléchargée (version 1.04)
  • Taille occupée : 80Go environ
  • Sortie le 4 septembre 2020 sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC (à paraître sur PlayStation 5 et Xbox Series X courant novembre)
  • Trailer de lancement

 

FIFA 21 - PlayStation 4Dans le contexte de la Covid-19 où les matches de football se jouent à huis clos alors que les calendriers nationaux et européens se resserrent, la simulation phare du ballon rond sur consoles, FIFA, débarque pour un dernier tour de terrain sur PS4 et Xbox One. Les sorties de la PS5 et des Xbox Series S/X dès ce mois de novembre, vont chambouler le paysage vidéoludique et on peut déjà se demander à quoi vont ressembler les futures simulations sportives. FIFA 21 pointe donc ses crampons dans ce contexte à la fois compliqué et excitant même si la crainte d’un épisode de transition est de mise. Contrairement à son rival de toujours eFootball PES 2021, FIFA 21 est un nouveau jeu comme chaque année et non une mise à jour qui serait bien tombée avant de passer en version « next-gen ». Pas de démo donc cette année, on jugera sur pièce. Arborant fièrement le portrait de notre Kylian Mbappé national, FIFA 21 veut insuffler un vent de jeunesse avec de nouveaux ambassadeurs tels que João Félix ou encore Erling Braut Haaland, le tout avec un menu d’accueil pourpre qui tranche avec l’habituel menu principal de couleur claire. Est-ce pour autant une façade faisant office de changement ? On serait tenté de répondre par l’affirmative mais ce serait faire fi de quelques nouveautés ça et là qui donnent encore de l’intérêt au titre.

Commençons par une bonne chose qui ne change pas ou presque, FIFA 21 se targue de proposer toujours autant de licences de championnats mondiaux, exception cette année du Chili et de la Colombie (il subsiste quelques équipes en Copa Libertadores), de la Série B italienne et des équipes de la Juventus (comme l’an dernier) et de l’AS Roma, ici respectivement appelées Calcio Piemonte et Roma FC. La sélection brésilienne n’a toujours pas droit aux vrais noms des joueurs tandis que la Croatie manque toujours à l’appel. Outre les présentations graphiques et sonores identiques à la diffusion TV des différents championnats, on notera que la Ligue 1 bénéficie des annonces du stadier avant et pendant la rencontre. Un petit plus immersif amusant : on notera que les matches de notre championnat annoncent les chaînes Canal Plus et BeIN Sports sur ses panneaux publicitaires mais rien sur Téléfoot… Un signe prémonitoire ? La suite de la saison en cours nous le dira.

Cette année, le gameplay s’affine sur les dribbles qui deviennent plus accessibles en maintenant la touche R1 et en bougeant le joystick de gauche à droite le tout sans courir (R2) car cette action annule la précédente. D’ailleurs, il y a une fonction automatique qui enclenche cette action lorsqu’on s’approche d’un joueur adverse et qui est désactivable dans les paramètres. Bien entendu plus votre joueur est habile en dribbles, plus fluides seront vos mouvements. Toutefois, en cas de fatigue du joueur, les dribbles seront moins précis et ce, même si vous incarnez CR7, Messi ou Neymar Jr. Les passes longues sont désormais moins tranchantes et les contres moins défavorables. Néanmoins, l’attaque reste privilégiée à la défense. Les collisions réalistes sont encore à parfaire tout comme l’I.A. qui agit parfois de façon étrange. Par exemple en difficulté Légende où les adversaires savent tous faire des virgules et marquer aux abords de la surface tandis que certains défenseurs ont une fâcheuse tendance à déserter la surface lorsqu’une attaque arrive. Rien de plus à signaler sur le mode Coup d’envoi qui continue de bénéficier de ses différents petits jeux/défis sympathiques et on peut toujours jouer les équipes nationales féminines. Vous pourrez profiter du retour du stade mythique San Siro et le futur ajout du Elland Road du Leeds de Marcelo Bielsa via une mise à jour annoncée par l’éditeur dans un futur proche.

Passons au mode FUT qui fascine autant qu’il dépouille frustre de nombreux joueurs de FIFA. Cette année, le menu de ce mode a subi une refonte totale ; les éléments Forme et Entrainements ont disparu, la coop FUT s’invite dans les sections Clashs d’équipes et Division Rivals et on peut gérer et personnaliser un stade à loisir même si, sur la durée, l’intérêt peut décroître. Relevons la présence des limite-matches hebdomadaires dans les Clashs d’équipes et Division Rivals ce qui évitera à certains de faire du farming (mais on les comprend) tandis que ceux qui ont moins de temps à consacrer à FUT pourront mieux gérer leur équipe. Ceci étant dit, si vous voulez évoluer véritablement dans ce mode, il faudra passer à la caisse comme d’hab’ dirait l’autre. Attention donc à ne pas s’engouffrer dans la spirale FUT. Les véritables nouveautés se trouvent cette année dans le mode Carrière où vous travaillerez sur la forme, le moral et l’habilité du joueur. À vous de gérer les moments d’entraînements (avec une fonction interactive où, depuis la place du spectateur, on peut jouer le reste du match à tout moment) et les temps de pause afin d’équilibrer au mieux votre joueur. On notera le retour des prêts des joueurs avec simulation d’achat. Moins renforcé en profondeur mais tout aussi jouissif, le mode Volta ajoute de nouveaux terrains comme Paris, Dubaï et Milan ainsi que des menus remaniés. La partie fiction est assez anecdotique mais rapide et il y a tout de même des défis sympathiques comme affronter l’illustre brésilien Kaka entre autres choses funs. Le plaisir vient surtout des fameux dribbles améliorés qui brillent plus sur ce mode de jeu arcade qu’en simulation. Pour finir, le mode Clubs Pro voit ses tactiques prédéfinies étoffées et la possibilité de personnaliser l’ensemble d’une équipe mais rien de plus.

Sans être trop chiche en améliorations, FIFA 21 tire son épingle du jeu mais on sent qu’on arrive à la fin du cycle des consoles de Sony et Microsoft. Il en faudra bien plus pour convaincre véritablement l’année prochaine. À noter que si vous achetez le jeu sur les consoles actuelles, vous aurez droit à la future version PS5 ou Xbox Series sans achat supplémentaire. Flavien Bellevue

  • Testé sur PS4 Normale à partir d’une version téléchargée (version 1.06)
  • Taille occupée : 46Go environ
  • Sortie le 9 octobre 2020 sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC (à paraître sur PlayStation 5 et Xbox Series X le 4 décembre 2020)
  • Reveal Trailer

  Lâchez-vous !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.