Resident Evil 8 Village – PlayStation 5

Resident Evil 8 Village – PlayStation 5

Six mois après la sortie de Devil May Cry 5 Special Edition, Capcom est de retour sur consoles next gen avec son autre saga phare. Et Resident Evil 8 Village de puiser son inspiration tout autant dans les mythes et légendes des Carpates que dans quelques-uns des meilleurs éléments de gameplay de ses prédécesseurs.

Resident Evil 8 Village – PlayStation 5En 2017, Resident Evil 7 coïncidait à quelques jours près avec la sortie au cinéma de Resident Evil : Chapitre Final, sixième et supposément dernier opus de la franchise sur grand écran. Quatre ans plus tard, hasard ou coïncidence (même si l’on pencherait plutôt pour une parfaite coordination des plannings cinéma et jeux vidéo), la sortie de Resident Evil 8 Village sur consoles en mai va devancer de quelques mois l’arrivée d’un reboot au cinéma, Resident Evil : Welcome to Raccoon City. Attendu dans les salles obscures pour la fin d’année, ce septième opus cinéma marquera une petite « révolution » de la franchise sur grand écran puisqu’il s’agira du premier épisode sans la présence d’Alice (aka Milla Jovovich) depuis 20 ans (à moins qu’elle ne fasse une petite apparition surprise). Sa révolution, la saga vidéoludique l’avait déjà effectuée en 2017 en faisant un énorme pas de côté pour se détourner de tous les éléments narratifs et de gameplay caractéristiques de la franchise depuis 20 ans. Exit Umbrella Corporation et autres Raccoon City, bonjour la vue TPS au travers des yeux d’un « monsieur-tout-le-monde » au service d’une histoire plus viscérale. Faisant suite au bien faiblard épisode 6, ce vent de fraicheur réconcilia les fans avec la franchise. Et l’épisode 7 de venir lentement mais sûrement titiller la barre des 10 millions d’exemplaires vendus.

Fort de ce succès, difficile d’imaginer Capcom se tourner les pouces. Et le studio nippon d’enchaîner sans surprise avec un Resident Evil 8 Village qui laisse derrière lui le bayou direction les Carpates, toujours en compagnie de Ethan Winters et toujours à la première personne. C’est en effet en Europe de l’Est que Chris Redfield (personnage que l’on ne présente plus) a cru bon d’installer Ethan, sa femme Mia et leur petite fille Rose trois ans après les évènements de RE7. C’est bien connu, la foudre ne frappant jamais deux fois au même endroit (allez donc dire ça à John McClane), par une soirée tranquille toute la petite famille va être kidnappée par un mystérieux commando. Et Ethan de se réveiller seul le lendemain entouré des soldats massacrés au milieu d’une forêt enneigée tandis qu’au loin se dresse un mystérieux village surplombé d’un lugubre château. Voilà pour l’ambiance.

Le village du titre et le château en question ont été tout spécialement mis en avant dans la communication faite par Capcom autour de la sortie de Resident Evil 8 Village. Et le premier tiers du jeu qui gravite autour de ces deux lieux tient toutes ses promesses. Les mythes des Carpates sont au rendez-vous (lycans, vampires et autres goules en tous genres) et côtoient d’autres formes d’horreur, plus oppressantes, alors que l’on est séquestré dans les tréfonds d’une bâtisse, rappelant alors l’ambiance claustro du jeu originel. Chacune des quatre aires de jeu et autant de boss à défaire impriment ainsi leur propre atmosphère tandis que le village officie en tant que place centrale par laquelle l’intrigue nous obligera à repasser systématiquement avant d’accéder à l’aire suivante. L’emploi du verbe « obliger » est tout sauf innocent puisque la progression de Resident Evil 8 Village est des plus linéaire. À tel point qu’il est même impossible de revenir sur ses pas sitôt le boss des lieux défait. Autant donc en être bien conscient, en dépit de ces quatre zones distinctes, RE8 est un titre avant tout dirigiste qui vous dicte dans quel ordre découvrir les lieux et progresser.

Ce qui n’est nullement une tare en soi, à tout le moins au cours de ce premier tiers où l’on se frottera à la comtesse Dimitrescu, personnage appelé à faire date dans l’histoire de la saga bien qu’un peu sous-employé à notre goût au regard de sa stature et de sa mise en avant au cours de la campagne promo. Aussi majestueux que flippant, l’immense demeure de la dame ne sera pas sans rappeler celui de l’opus originel, le fameux manoir Spencer. Et ce n’est pas le seul emprunt de Resident Evil 8 Village qui pioche également du côté de RE4, ici des éléments de gameplay avec votre avatar plus aguerri au combat trois ans plus tard et désormais capable de se barricader ou encore de balancer des coups de tatanes circulaires façon JCVD, là le personnage du marchand qui permet d’améliorer son inventaire (armes, pitances revigorantes et autres améliorations des caractéristiques du personnage). Le premier tiers de la douzaine d’heures de ce huitième opus débute donc bel et bien sous les meilleurs hospices.

C’est ensuite que la cohésion de l’ensemble commence peu à peu à s’effriter. Entre une intrigue qui tente tant bien que mal de raccrocher les wagons avec le reste de la saga, des combats de boss sans grande imagination et une progression qui délaisse peu à peu l’horreur oppressante au profit de davantage d’action (gare au mauvais ressac du 6ème opus !), Resident Evil 8 Village fleure alors bon l’opus qui navigue à vue. Dommage au regard de la maestria technique de l’ensemble. Visuellement parlant, le RE Engine introduit avec RE7 fait toujours merveille dans l’art de restituer les environnements traversés, à commencer par le château de la comtesse mais aussi les passages les plus gores, à plus forte raison si vous y jouez sur console next gen en 4K HDR (nous avons testé le titre sur PlayStation 5). L’acoustique n’est pas en reste et bénéficie d’une bande son flippante à souhait que l’on vous conseille d’écouter au choix sur un système home-cinéma ou bien à l’aide d’un casque type PlayStation Pulse 3D. Nous avons testé les deux, de préférence tard le soir dans une pièce plongée dans l’obscurité. Bonds de trois mètres au-dessus du fauteuil garantis à chaque bruit inquiétant entendu dans telle ou telle enceinte !

Resident Evil 8 Village poursuit donc dans la lignée du renouveau amorcé avec RE7. Techniquement brillant, pourvu d’un gameplay éprouvé et de grands moments de « trouillomètre à zéro » comme seule la saga a su nous y convier depuis un quart de siècle, ce huitième opus peine toutefois à maintenir la cohérence de ses premières heures. Comme si les créateurs avaient tout donné au départ et ne savaient plus très bien ni comment ni vers où mener leur barque par la suite. Allez, encore un petit effort en espérant que RE9 parviendra à nous coller les miquettes de bout en bout.

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