Gran Turismo 7 - PlayStation 5

Gran Turismo 7 – PlayStation 5

Annoncé en juin 2020 lorsque Sony Interactive Entertainment leva le voile sur sa future PlayStation 5, Gran Turismo 7 ne pouvait être repoussé aux calendes grecques comme ce fut le cas de certains de ses prédécesseurs pour la simple et bonne raison que 2022 marque les 25 ans d’une licence qui constitue assurément l’une des franchises les plus mythiques du monde des jeux vidéo.

Gran Turismo 7 - PlayStation 5Mais avant d’aller plus loin dans cette chronique et de prendre place à bord de Gran Turismo 7, il convient de rappeler que son créateur, Kazunori Yamauchi, est un véritable passionné d’automobile au sens large et que par extension la société Polyphony Digital dont il est le directeur n’a pas d’autre raison d’être que la licence Gran Turismo depuis déjà un quart de siècle. Ce n’est donc pas un hasard si la très longue et classieuse séquence d’introduction sur fond de musique symphonique tout en délicatesse retrace les grands pans de l’histoire de l’automobile depuis ses premiers soubresauts au 19ème jusqu’à nos jours et même au-delà puisque certains véhicules proto (qui coutent une blinde dans le jeu) sont également au menu. Pour ceux qui ne l’auraient donc pas encore compris aux termes de ces 8 minutes d’introduction (oui 8 minutes !), Gran Turismo 7 se veut une véritable ode à l’automobile à contre-courant de la frénésie qui règne généralement dans de tels jeux (qui a dit Forza Horizon ?) davantage axés sur les flashes et l’effervescence tous azimuts.

À contrario, Gran Turismo 7 se veut un jeu à l’ambiance beaucoup plus « cosy » pourrait-on se risquer comme en atteste la présence de ce café situé au beau milieu des bois et positionné au centre de la ville-carte qui offre aux joueurs différentes options. Le propriétaire de l’établissement, Luca, est en quelque sorte l’alter ego numérique de Yamauchi, un passionné de bagnoles qui vous proposera ses différents « menus » comme autant d’objectifs à remplir sur les pistes afin de remporter des véhicules aux caractéristiques bien spécifiques (une marque donnée, une catégorie, etc.). Sitôt un menu complété, l’intarissable Luca vous régalera alors de moult anecdotes sur les véhicules en question avant de vous proposer le menu suivant. Le café en question officie donc en qualité de fil rouge narratif pour la progression du mode solo. Une progression au cours de laquelle toutes les autres options de la carte se dévoileront les unes après les autres. Ainsi au garage de véhicules d’occasion de départ viendront bientôt s’ajouter le centre des permis, le brand central (à mi-chemin entre musée et concessionnaire de toutes les marques), l’atelier de préparation, celui de tuning, etc.

Le principe de progression est quant à lui somme toute assez simple : vous débutez avec une voiture de tourisme tout ce qu’il y a de plus commune, vous remportez des courses qui vous feront gagner des crédits, crédits qui vous permettent alors qu’acquérir des véhicules de plus grosses cylindrées mais aussi de booster les véhicules déjà en votre possession. Chaque véhicule est caractérisé par ses Points de Performance (PP) sachant que les courses ne sont accessibles qu’à certaines catégories de véhicules ou encore, plus sournois, ne peuvent être courues d’avec des véhicules n’excédant pas un certain nombre de Points de Performance. Si les vieux routards trouveront sans doute les premières heures de ce Gran Turismo 7 un peu plan plan (d’autant plus au volant de véhicules un peu mollasson il faut bien l’admettre) avant de pouvoir accéder à toutes les possibilités de la carte, les nouveaux venus apprécieront cette entrée en matière tout en douceur qui sied à ravir à l’ambiance générale du jeu. D’autant plus que l’accès aux différentes sections et autres courses s’effectuent en une fraction de seconde grâce à des temps de chargement quasi-instantanés (merci une fois encore le précieux SSD de la PS5 sur lequel nous vous conseillons de prévoir de la place puisque le jeu dépasse joyeusement la barre des 100Go !).

Une entrée en matière d’autant plus aisée que différentes options sont également au menu selon les aptitudes du joueur qui prend place derrière le volant (ou plus précisément la manette). On trouve ainsi plusieurs degrés d’assistance à la conduite (débutant, intermédiaire ou expert) que l’on peut personnaliser à sa guise. Ces options nous ont toutefois semblé assez mal placées puisqu’elles ne sont pas accessibles depuis la carte principale mais qu’il faut entrer dans une course pour les modifier. La même modularité est également de rigueur en matière de réglage de l’IA selon trois niveaux de difficultés : facile, normal et difficile. Sitôt en piste, à vous les sensations. Et quelles sensations ! Le recours aux capacités de la manette DualSense est vraiment extraordinaire. Tout d’abord au niveau des gâchettes adaptatives qui résistent plus ou moins en fonction du degré d’accélération ou de freinage mais qui entrent également en action pour signaler les dérobades de votre bolide. Ensuite les vibrations haptiques nous font ressentir à merveille les différentes surfaces, vibreurs, sorties de piste et plus généralement le fait que votre véhicule est aux limites de l’adhérence. Si la saga a toujours fait merveille en termes de feeling de conduite, Gran Turismo 7 propose des sensations de conduite tout bonnement grisantes grâce à une utilisation oh combien réussie des capacités de la DualSense.

À ces sensations manette en main s’ajoutent les comportements d’une IA qui répond présente et oppose une belle résistance, capable de fermer la porte mais pas trop lors des entrées de virage ou encore de vous coller au parechoc arrière si jamais vous vous êtes ratés en sortie de virage. Dans le registre des autres « bonnes » nouvelles, on retiendra également la disparition du célèbre syndrome du « petit train » de voitures qui se suivaient à la queue leuleu dans les précédents opus. Tout juste pourra-t-on regretter que les courses débutent en départ lancée, entraînant de fait des premiers kilomètres très similaires là où des départs arrêtés auraient donné lieu à des empoignades bien plus intéressantes lors des premiers virages.

Un reproche négligeable eu égard au contenu proposé, certes un peu « léger » à l’heure actuelle diront certains mais connaissant Polyphony Digital, il ne fait aucun doute que celui-ci s’étoffera au fil des mises à jour au cours des mois à venir. Pour l’heure, une trentaine de circuits sont disponibles, un chiffre que l’on peut multiplier par trois si l’on compte les différentes variantes de chaque tracé avec au menu quelques pistes mythiques du monde du sport automobile : Spa-Francorchamps, le Nürburgring, Suzuka. À ces tracés s’ajoutent également deux nouvelles variables qui ne sont toutefois pas présentes sur tous les circuits. D’une part l’écoulement du temps (matin, après-midi, soirée, etc.) qui aura bien sûr une incidence en termes de visibilité de la piste. D’autre part la pluie, elle aussi gérée dynamiquement, viendra jouer les trouble-fêtes en humidifiant de façon plus ou moins prononcée certaines portions du circuit avec bien entendu une incidence sur l’adhérence, à fortiori si vous avez fait le mauvais choix de pneumatiques, mais aussi en termes de visibilité (accrochez-vous pour y voir quelque chose si vous suivez une ou plusieurs voitures dans ces conditions), d’autant plus si vous optez pour une vue en cockpit avec essuie-glaces à fond.

Ce qui nous amène tout naturellement au pendant technique de ce Gran Turismo 7. Ce n’est plus un secret pour personne : le perfectionnisme du studio et de son créateur est de notoriété publique dans le microcosme du jeu vidéo et ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle. Une fois de plus, la modélisation des véhicules force le respect avec un travail remarquable sur les couleurs et les éclairages. À noter toutefois que les modes Performance et Ray tracing proposent tous deux du 60fps en course tandis que le second permet d’apprécier encore davantage le travail accompli mais uniquement lors des autres sessions : Replay, Scapes, etc. Le mode Scapes offre la possibilité de mettre son véhicule au milieu de milliers de décors disséminés aux quatre coins du globe puis de prendre des clichés grâce à des options de photographie ultra-poussées. Soit là encore la volonté de mettre en avant les carrosseries rutilantes de votre garage.

Des carrosseries que le studio rechigne toujours à égratigner. En effet si les dégâts sont (enfin) au programme, leurs conséquences sont assez négligeables avec très peu de manifestations visuelles (tout juste quelques éraflures çà et là ou encore un phare cassé) et encore moins d’incidence sur le pilotage. Un pilotage qui, même en désactivant toutes les assistances, se veut plus orienté arcade que simulation. En attestent les nombreuses fois où des dépassements un peu « tendus » se concluent en séance de stock-car façon « pousses-toi de là que je double ». Parmi les autres petites doléances, signalons un mode rallye anecdotique avec sa poignée de courses ou encore le Rallye musical qui consiste à foncer à toute blinde pour rallier les différents checkpoints et parcourir la distance la plus longue jusqu’à la fin de la musique. Les afficionados du partage en ligne apprécieront sans doute l’option « Ma Page » qui s’apparente ni plus ni moins à une page de réseau social au sein de l’univers Gran Turismo tandis que différents manuels en ligne sont de la partie mais uniquement disponibles en anglais.

À l’heure du bilan des courses, Gran Turismo 7 n’a nullement usurpé son statut de maestro dans l’univers des jeux vidéo consacré aux automobiles. Nanti d’une foultitude de voitures, de sensations de pilotage comme jamais et d’un enrobage visuel de premier choix, ce nouvel épisode de la mythique saga fleure bon la passion pour les belles cylindrées, passion que Polyphony Digital et Kazunori Yamauchi n’ont de cesse de vouloir transmettre aux joueurs opus après opus. Tout juste pourra-ton regretter un nombre de circuits encore un peu juste au lancement ou encore le recours trop sporadique à des conditions météos changeantes (à quand le brouillard, la neige, le verglas ?). Différentes améliorations qui, espérons-le, arriveront au fil des futures mises à jour. Ou bien dans Gran Turismo 8 pour célébrer les 30 ans de la franchise en 2027 qui sait !

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