Archives par mot-clé : Palme d’or

Titane – À l’intérieur

Un deuxième long, quand le premier a été si remarqué, discuté pour ne pas dire encensé, est une aventure encore plus ardue. Comment faire mieux ? Comment ne pas se répéter ? Comment continuer à surprendre ? Comment faire abstraction à tout ce qui a déjà été dit sur son premier film (les critiques, les proches, la profession…) ? Y en a qui enchaînent dans la foulée quand c’est possible. Y en a qui s’exilent car la France reste un petit pays et parfois se perdre, au hasard à Hollywood, permet de se confronter à d’autres réalités tout en continuant à forger sa personnalité de cinéma. Julia Ducournau a préféré prolonger son « apprentissage » en France. Pour cela, il lui a fallu près de quatre ans. Elle le dit, elle est passée par toutes les phases à commencer par l’abattement (et certainement une forme de dépression), un blocage engendré par la peur de « mal faire » pour finalement tout bazarder et lâcher les amarres. Et franchement, dès les premières minutes de Titane, un accident de voiture puis un long plan séquence virtuose (tourné dès le premier jour de tournage) dans les arcanes underground d’une expo de bagnoles où se trémoussent des pin-up habillées de peu de choses et d’une photo ultra criarde, on se dit en effet que la cinéaste de Grave a voulu se rassurer tout en nous en mettant plein la gueule.

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Festival de Cannes – Les Palmes d’or en Blu-ray et Blu-ray 4K : Les années 90

Le festival de Cannes dans les années 90 c’est au niveau des Palmes d’or la mainmise de deux sociétés françaises. En effet, Jean Labadie et Bac Film trustent pas moins de 5 Palmes d’or en ce début de décennie avec pour apothéose le triomphe de Pulp Fiction en 1994. L’autre société emblématique de la décennie c’est Ciby 2000. Créé de toute pièce par Francis Bouygues dont l’anagramme rappelle Cécil B. De Mille, elle avait pour ambition de produire des films populaires rentables afin de permettre la faisabilité de films indépendants où l’auteur / réalisateur avait une grande latitude de création. La mort de Francis Bouygues en 93 a mis fin à cette vision qui aura tout de même permis 4 Palmes d’Or (La Leçon de piano, Underground, Secrets et mensonges et Le Goût de la cerise). Cannes dans les années 90 est donc moins une fenêtre sur le cinéma mondial que le reflet d’une politique des auteurs bien assimilée et comprise par l’économie française du cinéma. Un raccourci certes mais pas plus scandaleux que certaines Palmes d’or de l’histoire du festival. Quant aux Blu-ray, à part Rosetta chez Criterion et La Leçon de Piano chez TF1 Vidéo, on ne peut pas dire que voici une décennie excellemment bien servie d’autant que l’on cherche encore le début de la queue d’un Blu-ray 4K.

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Le Ruban Blanc : Chronique de la peste brune annoncée

La Palme d’or 2009 fut pour le moins contestée et provoqua la polémique. De par sa Présidente du jury d’abord, qui n’était autre qu’Isabelle Huppert, grande amie à la ville du cinéaste autrichien, mais aussi de par le traitement de son sujet. Soit le contrepoint radical de ce qui se filmait et se discutait dans les années 2000 en Allemagne à propos du nazisme et surtout à propos de la culpabilité du peuple allemand face au nazisme… La question centrale demeurant : faut-il mettre tout le monde dans le même bateau ou juste pointer du doigt les plus coupables et diluer ainsi les responsabilités ? Au risque d’accoucher de générations déresponsabilisées, mutantes qui finissent par oublier les leçons de leur propre histoire (voir pour cela l’édifiant documentaire Europe, ascenseur pour les fachos).

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4 mois, 3 semaines, 2 jours : Palme d’or

4 mois, 3 semaines, 2 jours. Derrière ce titre un peu atypique et traduction littérale de l’original, se cache un film coup de poing et sans concession de Cristian Mungiu, réalisateur roumain alors peu ou pas connu en nos contrées (son premier long, Occident fut pourtant primé à la Quinzaine de Cannes en 2002). Présenté en compétition officielle au 60ème festival de Cannes (2007), il aura eu les honneurs d’une sortie chez nous dans la foulée puisque auréolée de la Palme d’or !

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Dheepan : Palme d’or par défaut ?

Le nouveau Jacques Audiard nous arrive donc drapé de sa Palme d’or plutôt surprise reçue au dernier festival de Cannes. Et il faut bien admettre que Dheepan n’a pas la maestria d’Un prophète, ni même la sensualité de Sur mes lèvres, la démonstration complexe d’un De Battre mon cœur s’est arrêté ou encore la fulgurance de Regarde les hommes tomber. Disons qu’il est un peu le mix de tout cela (ce qui en soit est loin d’être une tare) sans que pour autant on n’arrive à complètement se détacher d’une impression de redite vaguement putassière.

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