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Fiche film : Benedetta (2019)

Alors qu’il était attendu au Festival de Cannes et à une sortie en salles en 2019, Benedetta a vu sa sortie repoussée en raison de l’état de santé de Paul Verhoeven, qui a dû être opéré de la hanche. En 2020, le long-métrage a encore été décalé en raison de la pandémie de Covid-19 et de la fermeture des salles.

« J’ai été attiré par l’audace et l’unicité de cette histoire, par le mélange entre christianisme et sexualité lesbienne. Le personnage m’intéressait, avec la question de savoir si on peut manipuler les gens sans se rendre compte qu’on les manipule. D’autre part, j’ai toujours été intrigué par Jésus, j’ai même écrit un livre sur lui. Ce film montre mon intérêt pour les religions, mais aussi mes doutes sur les réalités religieuses. » – Paul Verhoeven

Benedetta (2019)

Réalisateur(s) : Paul Verhoeven
Avec : Virginie Efira, Charlotte Rampling, Daphne Patakia, Lambert Wilson, Olivier Rabourdin, Hervé Pierre, Clotilde Courau, Louise Chevillotte
Durée : 2h06
Distributeur : Pathé
Sortie en salles : 9 juillet 2021

Résumé : Au XVIIème siècle, alors que la peste se propage en Italie, la très jeune Benedetta Carlini rejoint le couvent de Pescia en Toscane. Dès son plus jeune âge, Benedetta est capable de faire des miracles et sa présence au sein de sa nouvelle communauté va changer bien des choses dans la vie des sœurs.

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  • Avis : En relisant notre critique de Elle, il y a une phrase qui ne tient plus la route : « … pas certain (…) qu’un Lafitte, qu’un Berling ou qu’une Efira s’exposent autant à l’avenir ». Tout faux au moins pour Virginie Efira qui remet donc le couvert et pas qu’un peu avec Benedetta où elle joue cette fois-ci une religieuse catholique italienne, mystique et lesbienne, ayant réellement vécu au XVIIe siècle. Si nous sommes en terrain connu dans la filmo de Paul Verhoeven, pour Efira c’est forcément un peu moins le cas encore qu’à l’évidence chacun avait ses propres motivations. Côté Verhoeven on creuse encore et toujours du côté de la foi, de la manipulation de(s) masse(s) et de ses conséquences, côté Efira il y a un très joli doigt d’honneur bien humecté adressé à l’ensemble de la profession et de certains critiques. Mais si à l’arrivée les deux semblent s’être entendus comme larron en foire, le film en pâti paradoxalement dans les grandes largeurs.
    Par où commencer ? Peut-être par les seconds-rôles qui apportent à Benedetta des passages plus que bienvenue de réconfort cinématographique. Daphné Patakia d’abord que nous avions découvert dans Meltem. Elle est face à Virginie Efira et a pour elle la fougue de sa jeunesse et la vérité d’un jeu qui ne se donne aucune limite. Charlotte Rampling ensuite qui en abbesse peu croyante aux miracles et en Dieu donne au film son unique et véritable point d’ancrage. Lambert Wilson enfin qui s’amuse comme un petit fou en nonce apostolique que l’on devine dévoyé et qui se retrouve chargé de juger la sœur Benedetta Carlini accusée de luxure et d’imposture. Virginie Efira donc dont on aura bien du mal à avoir un jugement définitif sur sa prestation. Tant mieux serait-on tenté d’écrire.
    C’est qu’on l’aime d’amour notre Virginie. Et pas depuis Benedetta. De plus ici, elle est la moitié du temps à poil. D’un amour extatique et bien entendu charnel on passe avec Benedetta à quelque chose de véritablement fusionnel. Ben oui quoi. Virginie Efira n’a pas honte de son corps et d’en montrer les moindres recoins. Et bien nous on n’a pas eu honte d’en profiter. Après est-ce que le film en tire quelque choses ? Rien n’est moins sûr. Mais là où l’actrice et le cinéaste se sont donc trouvés c’est dans cette propension à aller jusqu’au bout de leurs intentions. Verhoeven parce qu’il en a eu toujours envie depuis sa première période hollandaise dont il n’a jamais plus retrouvé la liberté de ton à Hollywood et Virginie Efira parce que voilà un rôle en forme de pieds de nez à tous ceux qui disaient d’elle à ses débuts qu’à part montrer ses formes entretenues sous les projecteurs de la télé, elle ne possédait aucun talent.
    Mais en clouant définitivement le bec à tous ses primo détracteurs, elle emmène Benedetta au-delà de l’outrance et du kitch. Certainement bien au-delà de la volonté première de Verhoeven qui tel un enfant devant un jouet longtemps espéré tire ad nauseam les ficelles pour en éprouver la résistance. Tout finit par disparaitre derrière cet unique champ de force. Benedetta qui se voulait une énième relecture verhoevienne de la crédulité des masses entretenue ici par la foi, se transforme en une ode aux corps féminins qui ne va nulle part. Jusqu’à cette fin où le cinéaste enfonce le clou, droit dans ses bottes et la rétine humide (on dit bien la rétine bon Dieu).
    Franchement on aurait adoré encenser un film qui quelque part se fout comme de l’an 40 de la bien-pensance actuelle et de l’étiquette « male gaze » qui lui colle déjà à l’arrière-train. Un film qui lorgne avec gourmandise du côté de ces films dit de « nunsploitation » des années 70. Mais à trop vouloir prendre ainsi son sujet au premier degré et à bras le corps (si si), on y perd même le goût du voyeur concupiscent. Et pour ce crime de lèse-majesté à l’égard du sens des images que l’on est en droit d’attendre chez Verhoeven et de ces corps devenus désincarnés, cela ne peut que provoquer notre courroux de l’amoureux transi envers la filmo de l’un et du talent plus que charnel de Virginie. Shame on you Paulo ! 1/5
  • Box office : Les seuls chiffres dont nous disposons à date c’est 3 473 entrées qui doivent correspondre au nombre de spectateurs ayant découvert Benedetta lors des deux séances de vendredi soir (le 9 juin) sur 53 copies déployées à Paris. Edit 13/0767 643 entrées sur 361 copies en deux jours. Un peu tôt pour en tirer de quelconques conclusions mais c’est déjà un joli score.
  • La (future) chronique Blu-ray : Comment imaginer que Virginie Efira ne déploiera pas ses charmes même désincarnées en HD 1080p ? Inconcevable.

Benedetta - Affiche

2 réflexions sur « Fiche film : Benedetta (2019) »

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