Archives de catégorie : Cinéma

Les Amandiers – Il était une fois 19 acteurs

Suivre Valeria Bruni Tedeschi cinéaste est loin d’être une sinécure. Tant mieux diront certains tant le cinéma peut tout se permettre sauf laisser indifférent. Et c’est vrai qu’à la découverte des Estivants (2018), sa précédente réalisation (au hasard), on avait frisé l’indigestion carabinée propre à cette catégorie de films qui puait l’ethnocentrisme par tous les pores de ses pixels tout en étant porté devant la caméra par une Valeria constamment hystérique. En soi c’était du grand art. En réalité on s’en n’est jamais vraiment remis. Jusqu’à la vision des Amandiers. Preuve déjà que même précédées d’une ou plusieurs mauvaises expériences, il faut toujours « donner sa chance au produit » surtout quand la bande annonce fait pour une fois excellemment bien le job donnant véritablement envie d’en savoir plus.

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Sans filtre – Thérapie de luxe

Avec Sans filtre, Ruben Östlund est rentré instantanément dans la catégorie très fermée des cinéastes ayant obtenu la Palme d’or pour deux films réalisés à la suite. Seuls Bille August (Pelle le Conquérant – 1988 et Les Meilleures Intentions – 1992) et Michael Haneke (Le Ruban blanc – 2009 et Amour – 2012) ont marqué leurs filmographies respectives de ce sceau indélébile. Ce constat validé quid de Sans filtre ? Outre sa Palme d’or qui n’entérine pas forcément le meilleur film d’une sélection (si tant est que la notion même de « meilleur film » ait une signification tangible au sein du raout cannois), Sans filtre marque-t’il déjà de son empreinte le cinéma et pourquoi pas son époque ? On serait tenté de répondre par l’affirmative ne serait-ce que par l’effroyable lucidité de son regard porté envers ses semblables. C’est-à-dire vous et nous.

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Les Enfants des autres – Déchirante humanité

Rebecca Zlotowski impose progressivement mais incontestablement sa griffe dans le paysage cinématographique français. Apparue sur les radars en 2010 au festival de Cannes section Semaine de la Critique avec Belle Épine qu’elle prolongera trois ans plus tard avec Grand Central présenté à Un Certain regard, on avoue bien volontiers que rien ou pas grand-chose ne nous avait donné envie de crier au génie ou à la fulgurante révélation décrétée par une bonne partie de la critique d’alors. On avoue aussi que son Planétarium qu’elle réalise en 2016 en s’adjoignant un casting plutôt détonnant (Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amira Casar, Pierre Salvadori, Louis Garrel…) nous avait tellement laissé de marbre que nous ne l’avons toujours pas vu. C’est donc peu de dire que quand débarque Une fille facile à la Quinzaine des réalisateurs en 2019, on y va surtout pour satisfaire une curiosité des plus voyeuristes cinéphiles. Pensez donc, il y a Zahia en tête d’affiche. La claque rohmérienne que l’on s’est prise, outre le fait que l’on ne s’y attendait pas, et bien on ne s’en est toujours pas remis. Une brulure faciale que Les Enfants des autres prolonge de la plus belle des manières.

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Retour sur Onoda avec son producteur Nicolas Anthomé

Onoda – 10 000 nuits dans la jungle est indéniablement LE film français de 2021. Tout simplement car il est une proposition de cinéma disparue depuis fort longtemps de par chez nous. En ce sens que voilà un film de guerre tourné en Asie (aux Philippines), en langue japonaise avec des acteurs japonais qui raconte justement une histoire connue de tous au pays du soleil levant mais uniquement de férus d’histoire en France. Un condensé d’ingrédients qui en temps normal ne va attirer aucun producteur sain de corps et d’esprit à part Nicolas Anthomé.

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Journal d’un festivalier – Palmarès Cannes 2022

Ce 75eme festival de Cannes s’achève sous les huées de journalistes et d’internautes à la découverte de son palmarès. C’est d’ailleurs, peu importe le festival, le seul intérêt d’un palmarès : prendre du popcorn, se poser devant un écran/journal et sourire en lisant les messages dépités de personnes meurtries car leurs goûts ne sont pas respectés par un jury dans lequel, rappelons-le, ils ne figurent pas. Puis, bien sûr, ils iront clamer une fois de plus que le cinéma est mort. Tous les ans c’est la même rengaine et ils s’en défendront en expliquant que, jadis, les palmarès avaient quand même de la gueule puisque cela leur convenait. À croire que chaque édition du festival rend amnésique et efface les précédentes. Les voix des quelques individus heureux sont mises à l’écart et les articles des quotidiens, mensuels comme les émissions de radio ou de télé de ces prochaines semaines seront risibles, les critiques expliquant que leurs appréciations sont les meilleures et que le jury ne comprend rien au cinéma. Contrairement à eux.

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