Archives de catégorie : Critiques Ciné

Jimmy P. – Nouvelle Frontière

De prime abord Jimmy P. peut détonner dans la filmo de Desplechin. Le cinéaste des portraits de groupes de préférence familiaux, héritier direct d’un pan de la Nouvelle Vague façon Resnais ou Truffaut, s’attaque ici à l’adaptation d’un livre peu connu du grand public, Psychothérapie d’un indien des plaines, qui a donné naissance à l’ethnopsychiatrie (discipline à la croisée de l’anthropologie – l’étude de l’humain à la fois physique et culturel –  et de la psychanalyse). Livre fondateur de Georges Devereux, il est aussi le seul ouvrage de psychanalyse qui donne à voir l’intégralité d’une analyse, décrite minutieusement séance par séance. Un aspect repris à l’identique par Desplechin qui en fait d’ailleurs son fil rouge scénaristique et de mise en scène. Une trame, un angle qui pour le cinéaste lui permet de réaliser un film à la puissance cinématographique indéniable.

Continuer la lecture de Jimmy P. – Nouvelle Frontière

Les Derniers jours : The End

Comme un joli ballon d’oxygène après des blockbusters dont on n’a pu que constater la mort cérébrale quasi définitive et un cinéma français sous assistance respiratoire. Il y a bien eu quelques découvertes (Frances Ha, Hijacking, Metro Manila…) mais rien qui vaille vraiment la peine d’interrompre son bronzage intégral ou qui ne puisse attendre un rattrapage home vidéo à la rentrée. Les Derniers jours des frères Pastor à qui l’on doit déjà le fort estimable Infectés, remédient donc, et de fort belle manière, à cette torpeur cinématographique estivale qui commençait à peser.

Continuer la lecture de Les Derniers jours : The End

Au bout du conte : Le goût des images

Alors que Le goût des autres et Comme une image avaient contre eux une certaine morgue de gauche donneur de leçons et une réalisation atone pour ne pas dire insignifiante, Parlez-moi de la pluie et maintenant ce Au bout du conte donnent enfin la pleine mesure au talent indéniable d’écriture du tandem Jaoui / Bacri avec en plus ici une mise en scène, signée comme toujours Agnès Jaoui, enfin débridée aux confluents du merveilleux et de l’apesanteur. Les recherches formalistes y sont évidentes et servent un propos non plus asséné mais suggéré à l’image de ces aquarelles numériques qui parsèment un film cherchant à comprendre ce qu’il y a après le conte et le fameux « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Continuer la lecture de Au bout du conte : Le goût des images

Quelques heures de printemps (2012) – Souffle de vie

Avec Quelques heures de printemps Stéphane Brizé semble passer à la vitesse supérieure. Son cinéma fait jusqu’ici de morceaux de vies en apesanteur qu’il faut contrarier pour en obtenir une nouvelle trajectoire forcément plus cinégénique se transforme sous nos yeux en quelque chose de plus terrien et de moins manipulateur. Comme si le cinéaste certes talentueux, composait enfin avec l’homme derrière la caméra, sans affects, sans afféteries. D’aucuns appelleraient cela la maturité, nous on préfère y voir une nouvelle façon plus intime de traiter son sujet de prédilection : les relations entre hommes et femmes.

Continuer la lecture de Quelques heures de printemps (2012) – Souffle de vie

Adieu Berthe – L’enterrement de mémé (2012)

Les frères Podalydès nous reviennent en très grande forme avec cet Adieu Berthe qui fit d’ailleurs un passage remarqué à la Quinzaine à Cannes de cette année. C’est bien simple on est revenu au niveau de leurs premiers films que furent Versailles rive gauche (en fait un moyen métrage) et surtout Dieu seul me voit. Non que ce qui a suivi soit à jeter aux orties, bien au contraire, mais il était évident que quelles que soient les qualités indéniables des Liberté Oléron et autres adaptations des aventures de Rouletabille, il manquait un « je ne sais quoi » qui leur aurait permis d’accéder eux-aussi au panthéon de ces œuvres qui marquent une génération. Il est tout aussi indiscutable que le résultat mi-figue mi-raisin de Bancs publics, dernière association en date et film bien trop chorale pour n’en garder qu’un souvenir anecdotique, aura porté ses fruits. Adieu Berthe propose en effet un resserrement de son bestiaire au sein d’une histoire à l’ADN en mutation perpétuelle.

Continuer la lecture de Adieu Berthe – L’enterrement de mémé (2012)